Sénégal: Baisse de la consommation du tabac au pays - Les chiffres du GATS au coeur d'une controverse

28 Janvier 2026

Une récente enquête internationale attribuée au Global Adult Tobacco Survey (GATS) 2025 fait état d'un recul marqué de la consommation du tabac au Sénégal. Selon les résultats publiés, une baisse supérieure à 25 % aurait été enregistré chez les adultes, avec un taux de fumeurs estimé à seulement 4,4 %. Ces données suscitent toutefois une vive contestation de la part des acteurs de la société civile engagés dans la lutte antitabac, au premier rang desquels figure la Ligue Sénégalaise Contre le Tabac (LISTAB).

Réalisée pour la première fois en 2015 puis reconduite en 2023, l'enquête GATS met en avant l'impact jugé positif des politiques publiques sénégalaises de lutte contre le tabagisme. Les données les plus récentes feraient état d'une diminution de plus de 25 % de la consommation de tabac chez les adultes depuis 2015.

Dans le détail, l'étude avance qu'en 2023, 4,4 % des adultes sénégalais consommaient du tabac, toutes formes confondues (tabac fumé, sans fumée ou tabac chauffé). La prévalence serait de 8,2 % chez les hommes contre 0,8 % chez les femmes. Des chiffres qui placeraient le Sénégal parmi les pays africains les plus performants en matière de lutte contre le tabagisme.

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Les experts ayant conduit l'enquête attribuent ces résultats à l'application des lois nationales antitabac et aux mesures mises en oeuvre dans le cadre de la Convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte antitabac. Cette lecture est cependant fermement rejetée par la LISTAB. Dans un communiqué rendu public, l'organisation affirme que « cette prétendue enquête du Global Adult Tobacco Survey 2025 ne reflète nullement la réalité de la consommation du tabac au Sénégal ». Elle dénonce des chiffres qu'elle qualifie de « manipulation, de désinformation et d'infox ».

Pour la Ligue Sénégalaise Contre le Tabac, ces conclusions s'inscrivent dans un contexte qui serait, au contraire, marqué, par un affaiblissement de la lutte antitabac dans le pays. « La prévalence tabagique au Sénégal est en forte hausse en raison de la non-application des mesures de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) », soutient l'organisation.

Selon Amadou Moustapha Gaye et ses camarades, les résultats annoncés par le GATS ne sauraient être imputés aux instruments de la CCLAT. Ils rappellent que le Sénégal, bien qu'ayant ratifié la convention de l'OMS le 27 janvier 2005, aurait progressivement manqué au respect ses engagements vis-à-vis de ses partenaires internationaux.

La LISTAB évoque notamment la loi antitabac adoptée le 14 mars 2014, dont plusieurs textes d'application restent, selon elle, inexistants. « Des dispositions réglementaires essentielles destinées à renforcer cette loi n'ont jamais été concrétisées », déplore l'organisation. Cette situation de stagnation est imputée directement à l'administration sanitaire. La LISTAB estime que les différents ministres qui se sont succédé à la tête du ministère de la Santé n'ont pas apporté de réponses concrètes à la problématique du tabagisme au Sénégal.

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