Le maire de la commune a décidé de fermer la voie qui permet aux poids lourds d'éviter de traverser la ville.
Les populations de la commune de M'Bahiakro vont se réhabituer à voir des véhicules de poids lourds traverser leur ville. La voie de contournement qui permettait à ces engins d'éviter ce passage en plein centre-ville a été fermée par le premier magistrat de la commune, Diamala Kouassi Raphaël. Si cette décision a fait des heureux, elle n'est pas sans conséquence.
Le nœud du problème
La voie qui mène de l'entrée de M'Bahiakro en provenance d'Ananda, à quelques encablures du pont, jusqu'à la sortie de la ville, en partant vers Bouaké, n'est plus ouverte aux gros camions. Sa fermeture a eu lieu, le 19 janvier 2026, sur décision du conseil municipal. Cette voie, longue d'environ 1 km, avait été réhabilitée en juillet 2025.
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Selon Kra Pokou, un agent de la direction départementale du ministère des Infrastructures et de l'Entretien routier, elle a été reprofilée pour favoriser le passage des gros porteurs à M'Bahiakro.
Mieux, selon lui, elle sert à dévier la voie principale, lorsque celle-ci est coupée par les eaux en saison de pluie. Il a fait savoir qu'étant très dégradée, sa réhabilitation a consisté à faire un reprofilage lourd, tout en dégageant les emprises. Et comme cette voie n'est pas couverte de bitume, tous les véhicules l'empruntant, soulèvent la poussière.
En cette période d'harmattan, c'est donc une bonne quantité de poussière qui est déversée non seulement sur les habitations riveraines, mais également sur les maisons d'autres quartiers à proximité.
La conséquence est la multiplication de certaines maladies dont la fièvre typhoïde chez les populations. Ce que confirme Jean-Luc Attougbré, qui sortait d'une consultation à l'hôpital.
« Cette voie était l'ancienne route de M'Bahiakro. Elle est devenue celle du contournement après la réalisation de la voie principale. Elle existe depuis 1962 et à l'époque, aucune maison n'était à proximité, car elle se trouve avant le N'Zi. Aujourd'hui, avec l'avancée du lotissement, beaucoup de personnes sont venues s'y installer. C'est un calvaire pour nous autres qui habitons à proximité. Cette voie nous rend malades. Vous constatez que je viens de faire des consultations et c'est le lot quotidien des habitants du quartier », a-t-il fait savoir.
Il accuse les gros camions qui roulent à vive allure. Cela soulève, selon lui, des nuages de poussière. Outre les maladies, Jean-Luc Attougbré a relevé le danger que représente cette voie pour les enfants fréquentant l'école primaire publique de N'Gattakro, non loin et même pour ceux qui la traversent à longueur de journée, afin de rejoindre l'autre rive.
Il n'a pas omis de souligner qu'en saison de pluie, même si la poussière est atténuée, les nids-de-poule qui apparaissent sont sources de multiplication des moustiques, puisque l'eau y stagne tout le temps.
Aussi, des agents des structures étatiques, notamment les Eaux et Forêts et l'Anader, dont les bureaux jouxtant la voie, ne cessent de se plaindre des désagréments qu'elle leur cause. Le maire Diamala Raphaël soutient, pour sa part, avoir reçu beaucoup de plaintes.
« La solution était cette fermeture, pour contenter nos parents qui subissent des désagréments et voir comment trouver une solution qui satisferait tout le monde », a-t-il justifié sa décision.
Selon Diamala Raphaël, son souhait est de gérer une ville dans laquelle les populations se portent bien et vaquent sereinement à leurs occupations. La fermeture de cette voie a donc été saluée par des populations.
La traversée de la ville, un danger public
Depuis la fermeture de cette voie de contournement, le centre-ville est redevenu le passage obligé des poids lourds. Pourtant, pour rallier Bouaké, il faut nécessairement passer près du grand marché. Et cela n'est guère sécurisant. En effet, des attroupements et débordements se produisent régulièrement dans les marchés, surtout les jours de grande affluence.
Ainsi, pour éviter d'éventuels drames, le maire Diamala a commis la police municipale de se tenir tous les jours au carrefour du marché, afin de réguler la circulation. « Nous avons informé la brigade de gendarmerie de cet état de fait. Avec notre police municipale, nous obligeons les gros camions à ralentir à ce niveau et même lors de la traversée de la ville », a-t-il soutenu.
Kra Pokou lui emboîte le pas. « Des panneaux de signalisation ont été installés, afin de pousser les chauffeurs de ces gros porteurs à réduire considérablement leur vitesse lors de la traversée de la ville. Aussi, grâce à la mairie, les feux tricolores installés contribuent à réguler la circulation », a-t-il rassuré.
Néanmoins, il a relevé que le passage régulier de ces engins peut dégrader le bitume qui est déjà soumis à une forte cadence. Les mesures de précaution prises ne rassurent pas pour autant tout le monde, à l'image de Kouassi Kan, enseignant dans la localité. « Le passage sans cesse des gros camions fait peur, surtout que ce carrefour du marché est très fréquenté », a-t-il indiqué. Cette crainte pousse à trouver une solution pour la voie de contournement.
Quelle solution pour la voie de contournement
« Ce n'est pas une fermeture définitive. Nous avons pris cette décision, le temps de trouver une solution. Nous ne pouvons pas rester indifférent à la souffrance de nos parents », a signalé le maire Diamala Raphaël.
Mais quelle solution pourrait être trouvée ? Le bitumage n'est pas d'actualité. « Il n'y a pas pour l'instant un projet de bitumage. La demande a été faite par nos supérieurs et nous attendons la suite », a rappelé Kra Pokou. Diamala Raphaël, lui, se donne du temps pour réfléchir et trouver une solution adéquate, pour la réouverture de cette voie. Il priorise le bitumage.