Nawel Birkelane — A moins de vingt-quatre heures du Grand Magal de Porokhane, dédié à Sokhna Diarra Bousso (1833-1866), mère du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), le mausolée de Mame Sokhna Aissatou Mbacké plus connue sous le nom de Sokhna Asta Walo (1745-1883) et le puits qui lui est associé, situés à Nawel, dans le département de Birkelane (Kaffrine, centre), ne désemplissent pas, a constaté l'APS.
De nombreux fidèles, venus d'horizons divers, s'y recueillent avant de rallier la cité religieuse de Porokhane, située dans le département de Nioro du Rip (Kaolack).
Il est 10 heures à Nawel, le visiteur est accueilli par le chef du village, Gorgui Laity Mbodji, trouvé en train de prendre son petit-déjeuner dans sa grande concession.
D'un air serein et taquin, il se dit satisfait de l'effervescence liée à la préparation du Magal de Porokhane prévu demain.
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"Depuis hier déjà, de nombreux fidèles sont arrivés ici. Certains ont même passé la nuit à Nawel pour se recueillir au mausolée avant de se rendre à Porokhane", dit-il.
Avec ses grands arbres, ses ruelles dégagées et sa vaste place publique, Nawel demeure un lieu intimement lié à la vie et à l'oeuvre de Sokhna Asta Walo Mbacke, la mère de Sokhna Mame Diarra Bousso.
Sokhna Asta Walo est décrite comme une femme de vertu reconnue pour son attachement au travail, à l'adoration de Dieu et à la transmission du savoir islamique, d'après M.Mbodj.
Après quelques minutes de marche, le mausolée apparaît, non loin du domicile de Serigne Bassirou Mbacké, fils de Serigne Moussa Nawel Mbacké, considéré comme le maître de la ville religieuse.
D'une architecture imposante, l'édifice constitue un véritable sanctuaire, un lieu de prières et de dévotion, surtout en cette période précédant le Grand Magal de Porokhane, selon le gardien des lieux, Serigne Massamba Bousso.
Dès l'arrivée sur les lieux, le visiteur est frappé par la forte présence de femmes installées aux abords du mausolée.
Vendeuses de cacahuètes, de jus de fruits et d'autres produits locaux, elles viennent des villages environnants profitant de cette période d'attraction populaire pour améliorer leurs revenus.
"Le site ne désemplit pas. Des fidèles, disciples et visiteurs viennent y effectuer leur "ziara", tandis que d'autres psalmodient des khassaïdes, munis de cafetières de café Touba", explique le gardien des lieux, Serigne Massamba Bousso.
Autre principal point d'attraction, le puits de Mame Sokhna Asta Walo "réputé pour son eau bénite", ajoute ce religieux assis sur une natte de prière, entouré d'exemplaires du Coran et d'écrits de Cheikh Ahmadou Bamba.
Bordé de grands troncs d'arbre et soigneusement carrelé de bleu et de blanc, le puits, d'un profondeur de 20 mètres, contient une eau considérée par les fidèles comme source de bénédictions. Nombreux sont ceux qui s'y approvisionnent pour se ressourcer spirituellement.
Selon Serigne Massamba Bousso, il a été creusé sur recommandation de Serigne Abdoul Lahad Mbacké, troisième khalife de Serigne Touba.
Auparavant, Serigne Fallou Mbacké, le deuxième khalife de la confrérie mouride, avait fait creuser un autre puits à proximité, devenu par la suite inutilisable.
"Le passage des fidèles par Nawel avant Porokhane est une recommandation de Serigne Abdoul Lahad Mbacké", fait savoir le gardien du mausolée de Sokhna Asta Walo Mbacké.
Pour Bassirou Dieng, un fidèle mouride, depuis dix ans qu'il vient chaque année en pèlerinage à Porokhane, il passe d'abord au mausolée, puis au puits de Nawel avant de rallier le village où repose la mère du fondateur du mouridisme.
Il se dit "soulagé et content" après s'être recueilli auprès du mausolée de Mame Asta Walo Mbacke et de se ressourcer avec l'eau du puits.