Peu de personnes s'attendaient au nouveau gouvernement, le vendredi 23 janvier dernier. Évoquant, entre autres, le fait que c'est une fin de semaine et que la journée étant entamée, il serait mieux de scruter cette semaine. Il en a été autrement.
Le gouvernement est depuis connu. 34 commandos qui ont certainement compris le message que leur passait le Président de la République, en fixant le premier Conseil des ministres, le samedi 24 janvier, jour traditionnel de repos.
La composition des institutions démocratiques au sommet de l'État, en Côte d'Ivoire, est bouclée. La présidentielle du 25 octobre 2025 a donné au pays un nouveau Président de la République. Il a officiellement pris fonction. Par la suite, se sont tenues les élections législatives, deux mois après, le 27 décembre 2025. Et le samedi 17 janvier 2026, les députés ont porté à la tête de l'institution, un nouveau patron.
La première session s'est tenue le lundi qui a suivi. Au passage, le 7 janvier 2026, le gouvernement avait été dissout. Deux semaines après, le 21 janvier, le Chef de l'État remet en selle le Premier ministre, Robert Beugré Mambé. Il ne restait plus que la formation du gouvernement. Aujourd'hui, c'est chose faite. L'équipe gouvernementale est constituée.
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Les puzzles de l'exécutif et du législatif sont complets. La valeur travail est le véritable message que fait passer le Président de la République au nouveau gouvernement. Lorsque les 34 noms des membres du gouvernement ont été rendus publics, le vendredi, sur le coup de 17 heures, beaucoup de personnes étaient étonnées qu'un Conseil des ministres, le premier, soit fixé au lendemain samedi.
« Samedi, jour de repos-là, eux, ils vont travailler », avons-nous entendu dire. En réalité, le Chef de l'État envoie ainsi un signal de ce que le temps doit être mis à profit pour le bien-être de la population ivoirienne. Ceux qui étaient déjà au gouvernement le savent.
Ils n'ignorent pas la rigueur et la détermination du grand patron dans l'exécution des missions dans lesquelles il s'est engagé. Cette donne n'a pas changé. C'est dire qu'il faut se mettre vite au travail. D'ailleurs, le prochain Conseil est dans deux jours, ce mercredi 28 janvier.
La deuxième lecture de l'équipe dévoilée, le 23 janvier, est que la gent féminine monte en puissance. Certes, le nombre de femmes n'a pas changé, mais le poids a évolué. De quatre ministres d'État, la Côte d'Ivoire en compte deux seulement depuis ce vendredi.
Les deux postes de ministre d'État sont tous occupés par des femmes. L'ancienne, Anne Désirée Ouloto-Lamizana, à la Fonction publique et la Modernisation de l'administration. Et Nialé Kaba qui monte en grade en tant que ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Comme elle, certains ministres ont vu leur position se renforcer. Le ministre des Finances et du Budget, qui a brillamment défendu le dernier budget de l'État, à l'Assemblée nationale et au Sénat et qui a mené avec brio les opérations financières du pays sur les marchés boursiers internationaux, a désormais, dans son portefeuille, l'Économie.
Adama Coulibaly, sous la houlette du Chef de l'État, exécute avec précision les différents programmes avec les institutions de Bretton Woods. La Côte d'Ivoire est de par sa maîtrise de la dette et des progrès sociaux et financiers enregistrés, bien notée par les agences internationales d'évaluation financière.
Sans bruit, avec efficacité, le ministre N'guessan Koffi voit aussi sa zone d'opération s'agrandir. Ajoutant à l'Enseignement technique, le gros morceau de l'Éducation nationale et de l'Alphabétisation.
L'homme qui faisait ses bagages pour une retraite méritée, avant d'entrer pour la première fois au gouvernement, montre qu'il en a encore beaucoup à donner à la Côte d'Ivoire. C'est l'exemple d'un recyclage réussi. Au regard de la dynamique qu'il a insufflée à l'Enseignement technique et professionnel.
L'École de la deuxième chance, la mise en place de nouveaux établissements professionnels à travers le pays en sont une parfaite illustration. Que dire des cinq nouveaux ministres entrants ? Ils laissent en tout cas des perspectives pour des fauteuils de directeur général à pourvoir.
Au Port autonome d'Abidjan et à la Société d'exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique.
Les Anglais disent : « The best for the last ». La plus grosse évolution dans ce gouvernement reste le grand pas effectué par l'ancien ministre d'État, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, affectueusement appelé TBO. On pourrait paraphraser, Tenant Bien les Ordres (TBO aussi), il devient le premier vice-Premier ministre de la Côte d'Ivoire indépendante, avec l'exclusivité du ministère de la Défense.
Une promotion liée à ses grands faits d'armes. Depuis qu'il tient l'armée ivoirienne, le pays observe une tranquillité exemplaire.
Les velléités aux frontières sont vite contenues et la grande muette reste professionnelle et républicaine. Avec les différents rendez-vous électoraux, l'armée a su garder sa position de dernier rempart, en parfaite intelligence stratégique avec les forces de sécurité. La dernière démonstration des forces de défense et de sécurité, à Bouaké, le 7 août 2025, lors du 65e anniversaire de la Côte d'Ivoire parle d'elle-même.
A l'image de l'institution qu'il dirige, TBO reste discret dans l'efficacité de l'action. Ouvrant exceptionnellement ses portes à Fraternité Matin, en août dernier, lors d'une interview historique, pour lever le voile sur les missions de défense.
De sa position de « défenseur », il assurera d'abord les arrières, avec assurance, mais surtout aura une large vue de l'évolution de ses coéquipiers sur le terrain, pour marquer les buts du développement de la Côte d'Ivoire.