Madagascar: Accord Commercial - Perspective d'un report d'un an pour l'Agoa

« La possible disparition de l'AGOA n'est pas une préoccupation abstraite ; c'est une menace immédiate pour des millions de dollars d'investissements et pour les moyens de subsistance de centaines de milliers de personnes à travers l'Afrique et aux États-Unis », a déclaré Solo Andry Lantosoa Rakotomalala, ambassadeur de Madagascar aux États-Unis, lors d'un atelier organisé la semaine dernière par le Corps diplomatique africain à Washington, DC.

Hier à Ankorondrano, le GEFP a alerté sur l'incertitude entourant l'Agoa. Sa reconduction limitée à un an menace déjà des milliers d'emplois à Madagascar.

Reconduction incertaine. La perspective d'un report d'un an de l'African Growth and Opportunity Act (Agoa) suscite à la fois espoir et inquiétude au sein des entreprises franches à Madagascar. Hier, lors d'une conférence de presse organisée au siège du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) à Ankorondrano, le groupement a dressé un état des lieux de la situation. Le 12 janvier dernier, la Chambre des représentants des États-Unis a voté en faveur d'une reconduction de l'Agoa. Initialement prévue pour trois ans, la proposition a finalement été ramenée à une durée d'un an seulement.

Selon Herilanto Rakotoarisoa, président du GEFP, « la proposition actuelle ne porte plus que sur un an, avec une application rétroactive jusqu'au 30 septembre 2025 ». Le texte est désormais attendu au Sénat américain. Une fois adopté, le président des États-Unis conserve toutefois un droit de veto, ce qui maintient une forte incertitude.

Cette situation est aggravée par le blocage autour de la loi de finances américaine. Le vote du budget fédéral, initialement prévu fin janvier, a été retardé en raison de tensions politiques, faisant planer la menace d'un shutdown de l'administration américaine.

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Impacts économiques et sociaux

« Aujourd'hui, les priorités aux États-Unis ne sont pas économiques, mais politiques », souligne le président du GEFP.

Depuis la fin de l'Agoa le 30 septembre 2025, les conséquences sont déjà visibles. Plus de 7 000 employés sont actuellement en chômage technique dans les entreprises franches. Ce chiffre ne prend pas en compte les emplois indirects et la sous-traitance, qui pourraient également être touchés.

Les exportateurs malgaches vers les États-Unis sont confrontés à une surtaxe de 15 %, payée par les acheteurs, désormais incapables d'en assumer le coût. « Depuis le 30 septembre, les ventes se font à perte », alerte le GEFP. Les commandes ont fortement diminué, fragilisant la trésorerie des entreprises, déjà endettées à hauteur de plus de 100 milliards d'ariary.

Le secteur textile, pilier de l'économie malgache, comptait environ 180 000 emplois en 2025. Aujourd'hui, près de 6 000 à 7 000 emplois directs liés à l'Agoa sont menacés.

« Créer ou relancer une entreprise ne se fait pas à court terme », rappelle Herilanto Rakotoarisoa, évoquant la suspension de Madagascar de l'Agoa entre 2009 et 2014.

Face à cette crise, le GEFP appelle à un dialogue urgent entre l'État, les syndicats et les entreprises. Il réclame notamment le paiement rapide des crédits de TVA, un assouplissement des règles du chômage technique, et un renforcement des négociations avec les États-Unis. « Nous sommes dans une situation exceptionnelle. C'est le moment de se parler », insiste le président du groupement.

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