Film sur la situation des migrants subsahariens, le film Promis le ciel est sorti mercredi 28 janvier en salle. Réalisé par la cinéaste franco-tunisienne Erige Sehiri, le long-métrage s'intéresse à la situation de femmes ayant posé leurs valises dans la capitale tunisienne, Tunis, dressant ainsi leurs portraits à rebours des statistiques et clichés sur la migration.
Ancienne journaliste devenue pasteure évangélique, Marie héberge sous son toit Naney, une jeune mère en quête d'un avenir meilleur, et Jollie, une étudiante. Ces trois femmes représentent trois visages de la migration sub-saharienne en Tunisie. Pour Aïssa Maïga, l'expérience a dépassé le cadre cinématographique.
« On était avec une vraie communauté évangélique qui m'a adoubé », relate l'actrice, « ils m'ont dit "tu sais, ça ne peut pas être un hasard, tu as été choisie pour jouer une pasteure donc maintenant tu es pasteure Marie". Ils m'appelaient "Maman pasteure".»
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Face à elle, une débutante au cinéma : Deborah Lobe Naney. Ce film, dans lequel elle joue son propre rôle, a changé sa vie. « Pendant qu'on devait tourner, moi je devais prendre la Méditerranée. Donc, j'ai pesé le pour et le contre. Je me suis dit qu'il ne s'agissait que d'un film, quelque chose qui passe rapidement à la télé, qu'on en parlerait plus ensuite », se souvient l'apprentie comédienne. À l'époque, elle décide alors de rester sur son plan initial de prendre la mer. Avant de se rendre compte que l'embarcation sur laquelle elle devait monter avait fait naufrage. « Donc je me suis dit qu'il fallait que je rentre rapidement », conclut-elle.
Deborah Lobe Naney est revenue sur le tournage après le naufrage de l'embarcation qu'elle devait prendre pour traverser la Méditerranée. Elle aimerait désormais faire carrière comme actrice, après avoir remporté trois prix dans des festivals, notamment ceux de Marrakech et de Carthage.
Pour la réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri qui réalise son deuxième long métrage avec Promis le ciel, il s'agit de sortir des statistiques et des faits divers tragiques pour mettre un visage sur les femmes de la sous-région réfugiées à Tunis.
« Il y aussi cette volonté de casser les stéréotypes et les clichés qu'on peut avoir sur la migration, de parler de la migration des femmes dont on parle aussi très peu », détaille la réalisatrice. Avec son film, Erige Sehiri souhaite recentrer le débat sur la migration intra africaine, en illustrant ces « populations d'Afrique de l'Ouest qui migre en Afrique du Nord et qui créent leurs églises, notamment évangéliques », à rebours du cliché des populations s'installant en Europe.
L'histoire de la migration africaine est d'abord une histoire africaine ; la majorité des migrations se font à l'intérieur de l'Afrique. Ce sont des récits dont on parle très peu, c'est une des raisons. Après, il y aussi cette volonté de casser les stéréotypes et les clichés qu'on peut avoir sur la migration, de parler de la migration des femmes dont on parle aussi très peu et de cette relation inversée quand, il y a peut-être trente ans, la migration du Maghreb vers la France a créé des sortes de mosquées dans les banlieues où la religion prenait une place dans la solidarité, dans le réconfort, dans l'accompagnement. Là, c'est l'effet inverse, on est avec des populations d'Afrique de l'Ouest qui migre en Afrique du Nord et qui créent leurs églises, notamment évangéliques. Et j'ai trouvé ça passionnant, de raconter ces histoires inversées. Erige Sehiri, réalisatrice du film « Promis le ciel »