Tanzanie: Au pays, une répression qui ne dit pas son nom trois mois après la présidentielle

Trois mois après des manifestations réprimées dans le sang en Tanzanie, le gouvernement a mis en place une commission d'enquête ayant pour but d'identifier la cause de ces violences. Fin octobre, la présidente Samia Suluhu Hassan avait été élue avec près de 98% des voix lors d'élections jugées frauduleuses par une partie de la population. Face au mouvement de contestation, le gouvernement avait répondu avec tirs à balles réelles et gazs lacrymogènes. Aujourd'hui, si la situation est calme en surface, la répression continue.

Ces derniers jours, de nombreux témoignages de personnes blessées ou ayant perdu des proches ont été recueillis en direct à la télévision tanzanienne. Il s'agit souvent de victimes collatérales, qui n'avaient rien à voir avec les manifestations. Des récits peu avantageux pour l'image du gouvernement qui a donc décidé de recueillir ces témoignages à huis clos, officiellement afin de préserver l'intimité des témoins.

Trois mois après la répression sanglante de ces mouvements qui ont fait plusieurs milliers de morts selon des ONG locales et internationales, les « troubles », comme certains les appellent en Tanzanie, continuent de hanter les esprits. Certaines familles n'ont toujours pas pu récupérer les corps de leurs proches tués et les disparitions d'opposants politiques ou critiques du pouvoir s'accélèrent.

De son côté, le gouvernement traite la répression du 29 octobre presque comme un élément hors de son contrôle. Lors de la présentation de ses voeux aux diplomates étrangers, la présidente Samia Suluhu Hassan s'est excusée de la coupure internet de six jours lors des élections. Elle a justifié la réponse des autorités aux manifestations comme nécessaire pour « maintenir l'ordre constitutionnel ».

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Le rapport de la commission d'enquête, composé uniquement de proches de la présidente, est attendu pour mi-février.

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