Tchad: Mahamat Idriss Déby attendu à l'Élysée pour un «entretien de travail» avec Emmanuel Macron

Le président tchadien Mahamat Idriss Déby est attendu à l'Élysée jeudi 29 janvier, en fin d'après-midi, pour un « entretien de travail » avec Emmanuel Macron. Une preuve du réchauffement entre les deux pays, 14 mois après la rupture abrupte de l'accord militaire par le Tchad en novembre 2024. Il sera question de coopération économique, diplomatique et sécuritaire.

« Renouvellement » et « redynamisation ». Ce sont les deux mots employés de part et d'autre pour évoquer cette nouvelle phase des relations entre les deux pays.

Une « volonté commune de tourner une page », écrit la présidence tchadienne, « dans un esprit de renouveau, de franchise et de responsabilité partagée. » Selon l'Élysée, « les deux chefs d'État échangeront sur la relation bilatérale avec l'ambition de porter un partenariat renouvelé et mutuellement bénéfique ».

Cette visite est « l'aboutissement d'un dialogue qui n'a jamais cessé », note une source au fait des échanges entre les deux pays, « et de discussions qui se sont réchauffées au fil des mois ».

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Malgré un coup de froid au moment de la rupture abrupte de l'accord de défense et le départ accéléré de l'armée française, les discussions se sont toujours poursuivies entre les deux États, et les deux dirigeants ont acté leurs intérêts communs selon leurs proches.

Selon notre interlocuteur cité plus haut, « la France n'a jamais marqué sa vexation et a prouvé qu'elle était un partenaire fiable, et les Tchadiens ont besoin de soutien dans de nombreux domaines ».

Pour la France, il s'agit de conserver un partenaire au coeur du continent africain dans une zone sahélienne très instable et pour N'Djamena, compter sur un allié fiable.

Partenariats sécuritaires et financiers

Au cours de l'entretien, il sera aussi question des enjeux régionaux et internationaux, précise l'Élysée. Le Tchad tirerait un bilan contrasté de la diversification de ses partenariats sécuritaires, notamment en matière de renseignement et de formation, alors que la situation à la frontière soudanaise inquiète particulièrement et que le pays connait aussi plusieurs foyers d'instabilité interne.

Par ailleurs, dans un contexte de crise budgétaire en Afrique centrale, le Tchad est en recherche d'investisseurs pour financer un plan national de développement très ambitieux sur le papier. D'où la présence des ministres des Finances et du Commerce, et un soutien auprès des bailleurs de fonds multilatéraux au moment où Paris veut développer sa diplomatie économique « dans la lignée du discours d'Emmanuel Macron devant les ambassadeurs », explique une source française.

Un rapprochement, critiqué par les défenseurs des droits humains, qui « se fait sur le dos du peuple tchadien », déplore l'activiste en exil Makaïla Nguebla. Il demande à la France « de pousser un agenda démocratique au Tchad, où la répression des voix discordantes est généralisée » avec, comme cas symbolique, l'emprisonnement et la condamnation de l'opposant Succès Masra.

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