L'engagement d'atteindre 50 % de contenu local dans l'ensemble des secteurs pétroliers et gaziers a été clairement exprimé, le 27 janvier à Brazzaville, à l'occasion de la célébration du 39e anniversaire de l'Organisation des producteurs africains de pétrole (Appo). Cet événement, qui a réuni des ambassadeurs des pays membres, traduit une volonté commune de transformer le secteur énergétique du continent.
Lors de cette cérémonie commémorative, le secrétaire général de l'Appo, Farid Ghezali, a mis en lumière les défis surmontés par les pays africains au fil des décennies, soulignant leur résilience face aux crises mondiales et aux fluctuations du marché des hydrocarbures. Avec l'objectif ambitieux d'atteindre 50 % de contenu local dans tous les secteurs pétroliers et gaziers d'ici 2030, l'organisation s'engage à faire de l'industrie pétrolière africaine un véritable moteur de création d'emplois et de développement économique.
Le secrétaire général de l'Appo a rappelé que chaque baril de pétrole et chaque mètre cube de gaz doivent se traduire par des opportunités locales. Il a évoqué des exemples concrets de réussite au Nigeria, en Angola et au Congo, où les initiatives en matière de contenu local ont généré des milliers d'emplois et un volume significatif d'activités économiques. Des succès qui illustrent un modèle de développement endogène et d'industrialisation susceptible d'être étendu à l'ensemble du continent.
Pour soutenir cette vision, une base de données panafricaine des entreprises locales sera mise en place, accompagnée de programmes de formation destinés à favoriser l'émergence d'une nouvelle génération de talents africains. Le est de renforcer l'intégration des femmes dans le secteur, avec une projection de 30 % de postes techniques occupés par elles d'ici 2030. « Le contenu local est loin d'être une contrainte ; il est notre libérateur économique. Il transforme les redevances en usines, les contrats en compétences, les barils en boulevards prospères et les richesses souterraines en richesses humaines et industrielles », a-t-il souligné.
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Les pays membres misent également sur le projet de création de la Banque africaine de l'énergie (AEB), porté par l'organisation en partenariat avec Afreximbank. Une visite d'inspection du siège de cette future institution, basée à Abuja, au Nigeria, est prévue pour début février.
À l'instar du secrétaire général de l'Appo, le ministre congolais des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, a assuré que les investissements orchestrés par cette nouvelle institution financière panafricaine permettront à l'Afrique de capter une part substantielle des 15 milliards de dollars de valeur ajoutée que le continent perd en exportant ses ressources à l'état brut.
Bruno Jean Richard Itoua a également évoqué les défis à venir, notamment la mise en place d'un pacte entre les pays membres afin de garantir l'application effective de ces engagements. Ce pacte pourrait positionner cette organisation comme un hub énergétique de référence mondiale, promouvant la souveraineté et l'intégration énergétiques au bénéfice des nations en développement.
La cérémonie commémorative a été marquée par plusieurs témoignages, notamment celui de Louis Marie Magloire Nkoum-Me-Ntseny, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun au Congo qui salué la décision de l'État congolais d'abriter le siège de l'organisation ainsi que la dynamique impulsée par le secrétariat général de l'Appo.