Réunis les 27 et 28 janvier à Brazzaville, les acteurs de la protection sociale et de la gestion des risques ont examiné le rôle du Registre social unique (RSU) dans la préparation et la réponse aux inondations au Congo, avec un accent particulier sur les quartiers à risque de Talangaï, dans le sixième arrondissement de la capitale.
L'atelier sur la préparation et la réponse aux inondations en République du Congo a mis en lumière l'importance du RSU comme outil central de ciblage des populations vulnérables en situation post-crise. Cette rencontre a permis de renforcer la réflexion sur les mécanismes d'anticipation et de réponse sociale face aux catastrophes naturelles.
Intervenant au cours des échanges, Hugues Saturnin Kibangou, responsable des registres, s'est appuyé sur l'exemple des zones inondables du sixième arrondissement de la capitale. Selon lui, l'Unité de gestion du Projet de protection sociale et d'inclusion productive des jeunes (PSIPJ) a identifié cinq quartiers particulièrement exposés aux inondations : 601-Mpila, 602-Intendance, 603-Texaco Tsiémé, 604-Fleuve Congo et 605-Joseph Ngobali.
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Dans ces zones à risque, plusieurs activités ont été planifiées afin de renforcer la prise en charge sociale des populations vulnérables. Il s'est notamment agi d'organiser des réunions techniques avec les parties prenantes, de mener des campagnes de sensibilisation auprès des autorités locales et des potentiels bénéficiaires, ainsi que de collecter et mettre à jour les données issues du RSU.
Le processus a également inclus la production d'actes de naissance, de cartes nationales d'identité et de numéros d'identification unique, indispensables à l'identification des bénéficiaires. Cette étape a été complétée par la collecte de données d'enquête sociale et la catégorisation des ménages à travers le Proxy Means Test, permettant d'identifier les ménages très pauvres éligibles à une allocation sociale d'appoint (ASA). Les données collectées ont ensuite été migrées vers le Registre général des bénéficiaires, suivies d'actions de sensibilisation à l'ASA et du paiement d'un montant symbolique à un échantillon de bénéficiaires à titre de test.
Pour Hugues Saturnin Kibangou, le RSU constitue un outil stratégique mis en place par le gouvernement, à travers le ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et de l'Action humanitaire. « L'objectif est d'enregistrer l'ensemble des personnes vulnérables qui sollicitent une prestation sociale, afin que toutes les demandes soient centralisées », a-t-il expliqué.
Dans le cadre de cet atelier, les participants ont également réfléchi à la mise en place d'un système d'alerte précoce adossé au RSU. Une telle approche permettrait d'identifier rapidement les populations vivant dans des zones à risque d'inondation et de leur fournir une assistance sociale ciblée dès le déclenchement d'une alerte catastrophe. L'atelier a aussi servi de cadre à un test de paiement des bénéficiaires à travers le registre général du PSIPJ. Ce test visait à démontrer la capacité des outils existants à assurer des transferts monétaires rapides et efficaces au profit des victimes des inondations.
Toutefois, malgré sa mise en place depuis 2015 dans le cadre des filets sociaux, le RSU reste encore insuffisamment approprié et vulgarisé. Face à ce défi, les autorités prévoient, dans le Plan de travail et budget annuel 2026, des actions de grande envergure pour mieux faire connaître cet outil auprès de toutes les administrations publiques et favoriser l'interopérabilité des bases de données nationales.