Après un parcours marqué par le décrochage scolaire et la précarité, Francel Rostand Samba, 33 ans, a retrouvé espoir grâce à une formation en aviculture dans le cadre du Projet de protection sociale et d'inclusion productive des jeunes (PSIPJ), financé par la Banque mondiale. Son histoire illustre le combat quotidien de nombreux jeunes vulnérables au Congo.
Après l'obtention de son baccalauréat à l'âge de 19 ans, sa trajectoire bascule avec le décès de son père, une épreuve qui le contraint à abandonner ses études et à entrer prématurément dans la vie active. Commence alors une longue quête de stabilité. Apprenti menuisier, apprenti peintre, maître peintre, vendeur ambulant, restaurateur ou encore personnel de surface, Francel Samba enchaîne les activités sans jamais parvenir à s'en sortir durablement. Ses revenus journaliers oscillent entre 800 et 3 500 FCFA, insuffisants pour assurer une véritable autonomie. Chaque expérience l'amène cependant à une même conclusion : sans compétence solide et reconnue, l'avenir reste incertain.
C'est finalement avec le Projet de protection sociale et d'inclusion productive des jeunes (PSIPJ), financé par la Banque mondiale, que le trentenaire voit s'ouvrir une nouvelle opportunité. Lancé en juillet 2024 à Djambala, ce projet vise à renforcer l'accès aux filets de sécurité productifs et à favoriser l'insertion socioéconomique des jeunes pauvres et vulnérables.
À Brazzaville, Francel Samba fait partie des quatorze jeunes inscrits dans la filière aviculture au sein de la première cohorte évaluée après six mois de formation. Encadré par un maître artisan, lui-même formé dans le cadre du Projet de développement des compétences pour l'employabilité (PDCE), ancêtre du PSIPJ, il découvre les bases techniques d'un élevage avicole moderne : soins vétérinaires, préparation des aliments, entretien des sujets et respect du vide sanitaire.
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Cette formation lui permet aussi de comprendre les échecs passés de son entourage. « Nous avions élevé plus de 80 poulets, mais sans formation, tout est mort. On croyait à un mauvais sort », raconte-t-il. « Aujourd'hui, je sais que c'était simplement une maladie aviaire. », ajoute-t-il. Une prise de conscience déterminante qui transforme son regard sur l'activité.
Fort de ses nouvelles compétences, Francel Samba nourrit l'espoir de lancer une exploitation avicole hors sol. Avec cinq cailles offertes par son maître artisan, il a déjà construit un petit poulailler à l'aide de matériaux de récupération. Son ambition est d'agrandir cette installation, de diversifier les espèces et de se lancer dans l'élevage de poulets de chair, avec l'appui de son oncle.
Dans les mois à venir, l'Unité de gestion du projet prévoit le versement de subventions aux jeunes finalistes, assorties d'un accompagnement pour la mise en oeuvre et le suivi de plans d'affaires simplifiés. Ces appuis devraient permettre à Francel et à ses pairs de franchir une étape décisive vers l'autonomie économique.