Le ministre de l'Energie et de l'Hydraulique, Emile Ouosso, a lancé le 28 janvier, l'atelier de lancement des études de construction de la centrale hydroélectrique de Kitéké, situé à proximité de la Loufoulakari, dans le département du Pool.
Regroupant les représentants des différents ministères concernés ainsi que les responsables des sociétés Lincoln et China Energy, cette rencontre a été marquée, entre autres, par la présentation du projet et du planning des études, ainsi que de la durée estimative des travaux.
Présentant succinctement le projet, le directeur général de l'énergie, André N'keye, a rappelé que le site à exploiter à une hauteur de chute brute de 8 mètres, entre une côte amont à 233 mètres et une côte aval à 225 mètres.
Le projet est conçu, a-t-il expliqué, pour turbiner un débit d'équipement exceptionnel de 10 000 mètres cubes par seconde. La combinaison de la hauteur de chute et du débit colossal équipé permet d'envisager une puissance installée d'environ 510 Mégawatts (MW).
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« Cette capacité représente un accroissement substantiel de la puissance installée actuelle de notre pays, de quoi alimenter des centaines de milliers de foyers et de nombreuses industries. Le projet Kitéké se présente comme un aménagement de grande envergure, exploitant de manière ingénieuse et robuste la force du fleuve Congo », a-t-il indiqué, précisant que sa conception en fait un projet optimisé, avec un impact maîtrisé sur son environnement direct.
En effet, pour sa mise en oeuvre, il prévu d'étudier en détail la géologie, le modèle de barrage et de canal, le choix technologique des turbines adaptées à une faible chute et à un fort débit, les impacts et les mesures d'atténuation, ainsi que le raccordement au réseau électrique national.
Le groupement Lincoln/China Energy à la manoeuvre
Les directeurs généraux des sociétés Lincoln et China Energy se sont montrés plus que confiants quant à leurs capacités de mener à bien ce projet. « Ce projet, aura trois volets : la conception, l'achat et la construction. Nous faisons non seulement les études, la construction et la fabrication, mais aussi apportons l'investissement, donc le financement », a rassuré le directeur général de China Energy, Feng Chao dont la société a construit la centrale hydroélectrique de Liouesso, dans la Sangha.
Lançant l'étude, le ministre de l'Energie et de l'Hydraulique a précisé que la République du Congo dispose des capacités prouvées de 27 000 MW de potentiel, dont seulement 2 % sont utilisées.
« Comme potentialités au sud de Brazzaville, il y a Kitéké (510 MW) qui est à 35 km, donc facile de construire une ligne de 400 KV sur 35 km pour régler définitivement le problème de Brazzaville et pourquoi pas une bonne partie du problème de Kinshasa. Nous avons aussi Toula 535 MW, Linzolo 555 mégawatts, Mbandza-Ndounga en étude 630 MW, Kiniangui 750 MW et Kilanga 1310 MW », a rappelé Emile Ouosso.
Selon lui, tous ces projets ne consistent pas à faire des barrages. Il s'agit, a-t-il détaillé, de faire des dérivations qui sont des technologies plus faciles, des tranchées à l'air libre qui font couler l'eau sur hauteur de 8 m pour Kitéké.
« Nous avons privilégié mettre ce projet parce qu'il est près de la ville de Brazzaville, pour régler les problèmes d'énergie au niveau de la Zone économique spéciale et tous les projets d'envergure qui y sont prévus autour de la capitale. Pour Sounda, nous sommes en train de faire réaliser l'étude de la ligne Pointe-Noire-Brazzaville par le financement de l'Union européenne; une ligne de 400 KV utilisable aussi en 250 KV. Cette ligne passe par Souda, et quand Sounda sera construit, il restera plus qu'à le connecter à cette ligne », a fait savoir le ministre.
Selon le planning établi, le début des travaux est prévu pour juillet-août 2027. C'est ainsi que le ministre de l'Energie et de l'Hydraulique a souhaité que le groupement Lincoln/China Energy soit bien formalisé et solidifié.