Madagascar: Assainissement - Des vendeurs de rue mécontents bloquent la circulation

Privés de leur emplacement habituel, des marchands ambulants d'Analakely et de Tsaralalàna ont manifesté leur colère en bloquant la circulation en plein centre de la capitale.

Bras de fer entre la Commune urbaine d'Antananarivo et les vendeurs de rue d'Analakely et de Tsaralalàna. Malgré les sites alternatifs proposés par les autorités municipales, les vendeurs refusent de s'y installer et réclament le droit de continuer à exercer sur leurs emplacements habituels. Ce sont les vendeurs de l'arcade d'Analakely et de Tsaralalana qui ont manifesté hier.

Très remontés, les manifestants ont bloqué la circulation à Analakely, provoquant une paralysie temporaire du trafic dans ce quartier névralgique de la capitale. Des vendeurs venus de Tsaralalàna sont également venus grossir les rangs. Sifflets, cris et slogans ont rythmé la manifestation, qui s'est ensuite déplacée devant le portail de la Commune urbaine d'Antananarivo (CUA), où les vendeurs sont restés un long moment pour faire entendre leurs revendications.

« Laissez-nous vendre à notre place habituelle, nous avons faim », lance une vendeuse de produits alimentaires, installée depuis plusieurs années à Analakely. Un autre marchand renchérit : « On ne refuse pas l'ordre, mais on ne peut pas vivre sans vendre. Là où on nous envoie, il n'y a pas de clients. »

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Privés de la possibilité d'exercer leur activité depuis une semaine, des vendeurs dénoncent une situation qu'ils jugent insoutenable.

« Nous avons des enfants à nourrir. Si nous ne vendons pas ici, nous ne vendons pas du tout », témoigne un commerçant venu de Tsaralalàna.

Organisation

Face à la tension, les forces de l'ordre ont été déployées sur place afin de sécuriser les lieux et de rétablir la circulation. Malgré leur présence, les manifestants ont continué à scander : « Nous devons vendre, coûte que coûte. »

Du côté de la Commune urbaine d'Antananarivo, les autorités maintiennent leur position. « Il existe des zones dites d'assainissement à Antananarivo, où toute activité de vente est strictement interdite. Or, ces personnes persistent à vouloir y vendre. Nous avons pourtant proposé des solutions alternatives, mais elles ne leur conviennent pas, car elles souhaitent rester uniquement à cet endroit. Cette mesure vise avant tout à organiser la ville », explique Gilles Randrianatoandro, directeur des marchés auprès de la CUA.

Selon les responsables municipaux, les vendeurs concernés refusent d'intégrer les marchés formels, préférant rester sur leurs anciens emplacements. Toutefois, certains commerçants déplacés reconnaissent accepter les nouveaux sites qui leur ont été attribués.

En attendant une issue favorable, la tension reste palpable entre les deux parties, tandis que les vendeurs promettent de poursuivre leur mobilisation tant qu'aucune solution durable n'est pas trouvée.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 80 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.