Addis-Abeba — L'UNESCO a réitéré son engagement pour la restitution du patrimoine culturel africain, rappelant que le retour des objets spoliés relève des droits culturels, de la justice historique et de la préservation de l'identité.
Lors d'une table ronde de haut niveau tenue à Addis-Abeba, Rita Bissoonauth, directrice du Bureau de liaison UNESCO-UA-CEA, a indiqué que l'UNESCO renforce son action en faveur de la restitution du patrimoine culturel africain, en collaboration avec des partenaires locaux et internationaux.
L'événement, organisé conjointement par l'UNESCO, l'ambassade du Maroc en Éthiopie et l'Organisation internationale de la Francophonie, s'est déroulé sous le thème : « Restitution, droits culturels et droit à la mémoire : de l'Afrique à l'Amérique latine ».
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Ce forum a rassemblé des experts, universitaires, représentants gouvernementaux, organisations internationales et membres de la société civile, afin de promouvoir la restitution comme un droit culturel fondamental et un élément clé de la justice réparatrice entre l'Afrique et les Amériques.
Les échanges se sont alignés sur l'article 26 de la Charte pour la renaissance culturelle africaine et sur le Programme phare 3 de la Stratégie opérationnelle de l'UNESCO pour l'Afrique prioritaire 2022-2029.
Les participants ont rappelé que, pendant des siècles, une grande partie du patrimoine africain a été déplacée, pillée ou illicitement commercialisée, en particulier durant la période coloniale.
Ils ont souligné que plus de 90 % des objets culturels africains anciens se trouvent encore hors du continent, privant les communautés d'un accès direct à leur histoire.
La restitution du patrimoine africain et afro-descendant a été présentée comme un droit culturel fondamental, indissociable du droit à la mémoire et à l'identité culturelle.
S'adressant à l'assemblée, Rita Bissoonauth a affirmé qu'il était temps d'intensifier les efforts de restitution avec une détermination renouvelée :
« La restitution ne se résume pas à un simple transfert matériel.
Il s'agit avant tout de reconnaître le droit légitime des peuples à récupérer les témoignages de leur histoire », a-t-elle déclaré, ajoutant que ces objets portent en eux la spiritualité et les archives de la conscience collective.
Elle a également rappelé que la restitution constitue un pilier de la justice réparatrice, comme le prévoit le droit international et le réaffirment la Charte pour la renaissance culturelle africaine, les conventions de l'UNESCO et les cadres normatifs latino-américains.
« Restituer, c'est redonner aux communautés africaines et diasporiques la capacité de se représenter elles-mêmes à travers leurs propres récits, symboles et expressions matérielles », a insisté Bissoonauth.
« La culture et les artefacts culturels sont intimement liés à notre identité et à notre lien spirituel avec notre pays et notre peuple ; ils permettent également de reconnaître l'injustice sociale subie. »
Pour sa part, Nezha Alaoui M'hammdi, ambassadrice du Maroc en Éthiopie, a souligné que la table ronde avait constitué une contribution majeure aux efforts de restitution du patrimoine culturel africain pillé :
« La culture n'est pas un luxe. Elle fait partie de notre ADN, de notre souveraineté et elle concerne chacun d'entre nous en tant qu'Africains », a déclaré l'ambassadrice.
Ahmed Mohamed, directeur général du secteur culturel au ministère éthiopien de la Culture et des Sports, a également insisté sur l'importance capitale de la restitution et des droits culturels pour l'Afrique, affirmant que ces questions restent plus que jamais d'actualité :
« La culture représente notre identité, notre histoire et notre humanité partagée.
Le gouvernement éthiopien accorde une grande importance à la culture et au tourisme, considérés comme des piliers du développement économique », a-t-il conclu.
