Réuni en séance spéciale, le Conseil des ministres, présidé par le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, a arrêté les modalités de mise en œuvre du rapport 2026 du Pay Research Bureau (PRB).
La décision majeure porte sur une application graduelle des nouvelles grilles salariales sur deux ans, une option assumée par le gouvernement afin de limiter l'impact de cette réforme sur les finances publiques.
Concrètement, à compter du 1er janvier 2026, les fonctionnaires percevront 50 % des augmentations prévues par le PRB 2026. L'application intégrale des nouveaux barèmes interviendra à partir du 1er janvier 2027. Si cette décision vise à concilier revalorisation salariale et prudence budgétaire, elle suscite des réactions contrastées du côté syndical.
Pour le secrétaire général de la Government Servants Employees Association (GSEA), Gheerinshsing Gopaul, le gouvernement «campe sur ses positions» concernant le versement progressif des salaires révisés.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
«Nous nous attendions à ce que les fonctionnaires obtiennent leur salaire révisé à 100 % dès janvier 2026 mais cela n'a pas été retenu», reconnaît-il. Toutefois, il salue certains éclaircissements apportés par les autorités.
Parmi les points positifs, la GSEA note que les fonctionnaires ne seront pas pénalisés pour l'accès à certains avantages liés au salaire - travel grant,travelling allowance, duty free facilities ou passage benefits. «Même si le salaire sera versé à 50 % en 2026, ces avantages seront calculés sur la base du salaire révisé à 100 %, comme prévu dans le rapport PRB 2026», précise Gheerinshsing Gopaul.
Concernant les fonctionnaires prenant leur retraite en 2026, la pension mensuelle sera initialement calculée sur la base du salaire révisé à 50 % mais sera réajustée et payée intégralement à partir de janvier 2027.
En revanche, le lump sum sera calculé dès le départ sur le salaire révisé à 100 %, tout comme les congés maladie et *passage benefits *non utilisés pour l'année 2026. «Pour nous, ces dispositions sont acceptables», affirme le syndicaliste. Autre point suivi de près par la GSEA : la Sunday Allowance. «Il est encourageant de constater que le chef du service civil finalise son rapport et qu'il sera soumis au Cabinet la semaine prochaine. Nous espérons une réintroduction rapide de cette allocation», indique-t-il.
Du côté du secteur éducatif, le ton est nettement plus critique. Suttyhudeo Tengur, négociateur de la Government Hindi Teachers Union, estime que les éducateurs sont «injustement pénalisés» par une mise en œuvre fragmentée du PRB 2026.
Selon lui, le report de l'application complète des salaires à 2027 impose «une année supplémentaire de stagnation salariale» aux enseignants, dans un contexte marqué par une forte inflation et une charge professionnelle croissante.
Suttyhudeo Tengur souligne que les enseignants, en particulier les instituteurs du primaire, subissent de plein fouet cette décision, malgré l'élévation continue de leur niveau de qualification. «Le PRB 2026 devait corriger des déséquilibres de longue date. L'application partielle neutralise cet effet pour 2026», déplore-t-il.
La question des pensions alimente également le sentiment d'injustice. «Les pensions mensuelles sont calculées sur un salaire réduit tandis que les indemnités de départ le sont sur la base du salaire révisé à 100 %. Cette dualité heurte les principes d'équité», affirme Suttyhudeo Tengur, qui appelle à une révision immédiatede la décision du Cabinet.
Alors que le gouvernement défend une approche graduelle au nom de la soutenabilité financière, le débat sur l'équité salariale et le pouvoir d'achat des fonctionnaires, notamment des éducateurs, est loin d'être clos.