Les Assises de l'Agriculture 2026 ont été officiellement lancées le mardi 27 janvier, à l'Atal Bihari Vajpayee Institute of Public Service and Innovation, à Côte-d'Or Technopole, Réduit. Organisé par le ministère de l'Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l'Économie bleue et de la Pêche (division Agro-industrie et Sécurité alimentaire), le forum s'est poursuivi le mercredi 28 janvier.
Il rassemble institutions publiques, opérateurs économiques, chercheurs et représentants du monde agricole autour d'un objectif central : construire une agriculture plus résiliente et renforcer la sécurité alimentaire nationale. La cérémonie d'ouverture s'est tenue en présence du ministre de tutelle, le Dr Arvin Boolell, du junior minister Fabrice David et de plusieurs autres personnalités.
En ouvrant les débats, la Chief Executive Officer du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI), Madhvee Madhou, a replacé ces assises dans la continuité d'un vaste travail préparatoire.
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«Explorons nos idées, travaillons ensemble», a-t-elle lancé, invitant le public à suivre et à contribuer à la démarche via le hashtag Assises de l'Agriculture. Elle a souligné l'ampleur des défis actuels - changement climatique, stress hydrique, exigences accrues de traçabilité - et l'impératif de produire davantage, mais durablement. Pour elle, la sécurité alimentaire s'appréhende sur toute la chaîne, de la plantation à l'assiette, en intégrant qualité, gestion raisonnée de l'eau et capacité d'adaptation face aux aléas climatiques.
Madhvee Madhou a également détaillé la structure du rapport pré-assises, élaboré selon une approche systémique inspirée de la Food and Agriculture Organization (FAO), couvrant l'ensemble de la chaîne agroalimentaire, de la production à la consommation, jusqu'à la gestion des déchets.
Le document consolidé reflète les contributions de près de 400 personnes consultées, avec une attention particulière portée à Rodrigues. Les échanges ont mis en lumière plusieurs atouts, institutions, cadre légal, diversité de production mais aussi des défis majeurs, notamment le manque de main-d'œuvre, l'engagement des jeunes, l'accès à la terre, la santé des sols, la coordination des politiques publiques, l'accès aux marchés et l'intégration des données.
La Senior Chief Executive du ministère, Marie Anne Janick Jaunbocus, a rappelé la portée nationale de l'exercice, soulignant que la sécurité alimentaire concerne chaque citoyen, producteur comme consommateur, et doit se traduire par des politiques cohérentes, fondées sur des évidences et orientées vers des résultats concrets.
De son côté, le junior minister Fabrice David a plaidé pour une «agriculture 3.0», axée sur les outils numériques, l'agriculture de précision, l'irrigation raisonnée et l'agroécologie. Il a mis en avant la publication d'un rapport pré-consultatif de 115 pages, accessible au public, qu'il a présenté comme un tournant méthodologique fondé sur la transparence, la participation et la transformation des agriculteurs en agro-entrepreneurs.
Arvin Boolell a conclu sur l'urgence d'un cap commun. Dans un contexte de chocs climatiques et géopolitiques, rappelant que Maurice ne produit qu'environ 25 % de ce qu'elle consomme. Il a plaidé pour une action mesurable, proposant la mise en place d'un steering committee se réunissant chaque trimestre autour d'indicateurs agricoles, afin d'exiger des progrès, d'identifier les blocages et d'imposer des correctifs.
Le ministre a aussi évoqué les préoccupations liées aux résidus de pesticides, la protection des terres agricoles de première qualité, l'arrivée annoncée d'un premier contingent de travailleurs en mars pour répondre au déficit de main-d'œuvre, ainsi que les moyens budgétaires engagés pour accélérer la transformation, entre modernisation, innovation et agriculture «smart» au service d'une souveraineté alimentaire renforcée.