Tchad: Mahamat Idriss Deby en France - La diplomatie a ses raisons que la justice ignore

Le président tchadien de la transition Mahamat Idriss Déby a été reçu ce mercredi 18 octobre à l'Élysée par Emmanuel Macron.
29 Janvier 2026

L'épais nuage qui assombrissait l'axe Paris-N'Djamena, est-il en train de se dissiper ? On est tenté de répondre par l'affirmative et ce, au regard de l'évolution de la situation. En effet, tout laisse croire que les deux capitales sont dans une logique de réchauffement de leurs relations. En témoigne la visite à Paris, sur invitation de son homologue français, du président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno.

Il a été reçu, le 29 janvier dernier, par le président Emmanuel Macron. En plus des relations bilatérales entre la France et le Tchad, les deux chefs d'Etat ont aussi évoqué les enjeux régionaux et internationaux. Cela dit, s'il est, pour l'instant, très tôt pour parler de dégel entre Paris et N'Djamena, on peut, à tout le moins, parler de rapprochement.

Car, cela faisait 14 mois, soit un peu plus d'un an, que les relations entre les deux capitales s'étaient dégradées, provoquant une rupture soudaine de l'accord militaire qui liait la France à son ancienne colonie. Certes, N'Djamena n'avait pas avancé de raisons particulières pour justifier la dénonciation de cet accord militaire signé il y a très longtemps. Mais d'aucuns avaient vite franchi le pas en établissant un lien de cause à effet entre cette dénonciation et les poursuites judiciaires engagées par la Justice française, contre le président Mahamat Idriss Deby Itno pour soupçons de biens mal acquis en lien avec l'acquisition de ses vêtements de luxe.

Paris fait feu de tout bois pour sauver ce qui peut l'être encore

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Que s'est-il donc passé ? La Justice française a-t-elle été stratégiquement mise à l'écart pour permettre à la diplomatie de reprendre la main et cela, dans l'intérêt de la France ? On est fondé à le croire. C'est la preuve que la diplomatie a parfois ses raisons que la Justice ignore. Car, consciente qu'elle est de plus en plus bousculée sur le continent, Paris fait feu de tout bois pour sauver ce qui peut l'être encore.

C'est pourquoi, pour ne pas perdre totalement le contrôle du Sahel et ce, après avoir été chassée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, elle tente, autant que faire se peut, de garder un pied au Tchad connu pour être un ex-allié de taille. Et ce n'est pas tout. Paris ne veut pas se laisser damer le pion par la Russie et la Chine qui gagnent, de plus en plus, du terrain sur le contient noir.

En tout cas, on assiste à une course de positionnement de la part des grandes puissances en Afrique. Cela dit, le Tchad a-t-il plus à gagner qu'à perdre en choisissant de « réchauffer » ses relations avec l'ancienne puissance coloniale ? On ne saurait y répondre. Pour le moins, on sait que N'Djamena, pour financer son ambitieux Plan national de développement, est à la recherche de partenaires ou de bailleurs de fonds.

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