Plus de 100 enseignants du Nord-Kivu ne savent pas, depuis lundi 27 janvier, percevoir leurs salaires du mois de janvier courant à la suite de la perturbation du réseau de téléphonie cellulaire Vodacom.
Selon des sources sur place, le versement des salaires des centaines d'enseignants, dont les émoluments transitent par le service M-PESA n'a pas été effectué .
La Force syndicale nationale des enseignants (FOSYNAT) craint une perturbation du calendrier scolaire. L'incident, survenu il y a quatre jours, prend désormais des allures de crise sociale. La coupure totale des services (appels, internet et Mobile Money) fait suite à une intrusion d'individus non identifiés dans le centre technique de la société à Goma.
Un système de paie totalement dépendant du Mobile Money
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L'essentiel de la paie des agents de l'État dans cette région repose sur les plateformes numériques. Selon Shamavu Baala Innocent, président provincial de la FOSYNAT au Nord-Kivu, l'impact est massif :
Enseignement secondaire : Environ 98 % des enseignants perçoivent leurs salaires via la BOA, qui utilise le réseau Vodacom pour le transfert des fonds.
Enseignement primaire : La TIB (ayant repris les actifs d'Access Bank) utilise exclusivement M-PESA pour rémunérer les instituteurs et 60 % des bureaux gestionnaires.
« Lorsque la connexion Vodacom est coupée, c'est comme si on coupait la vie de tous les enseignants sur l'ensemble de la province. Cela concerne Goma, mais aussi de larges zones de Masisi et Rutshuru », alerte Shamavu Baala Innocent.
Risque de paralysie de l'éducation
Le syndicat souligne que l'impossibilité pour les enseignants d'accéder à leurs ressources financières pourrait rapidement se traduire par des mouvements de grève ou des retards dans les salles de classe. Sans transport ni moyens de subsistance, le corps enseignant se retrouve dans l'incapacité d'assurer ses fonctions.
La FOSYNAT appelle le ministère des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l'Information (PTNTIC) à s'impliquer directement pour accélérer le rétablissement du signal.
Vodacom Congo sous pression
Bien que la société de télécommunications ait communiqué dès lundi sur la mobilisation de ses équipes techniques, le signal reste muet quatre jours après l'incident. L'intrusion dans ses installations techniques semble avoir causé des dégâts plus complexes que prévu, isolant numériquement une province déjà fragilisée par le contexte sécuritaire.