L'affaire des incidents survenus à la plage publique de Palmar continue d'évoluer sur le plan judiciaire. Alors que huit accusés ont comparu en cour de Flacq le 27 janvier, de nouvelles démarches sont entreprises par la défense de l'un d'eux, Akshaye Keerpah (photo). Sept suspects ont été provisoirement inculpés de rébellion et maintenus en détention après objection de la police. Un huitième accusé, identifié par les initiales T. G., a lui été libéré sur parole.
Dans une correspondance datée d'hier, à Me Rashid Ahmine, Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Pravesh Nuckcheddy conteste l'objection policière à la remise en liberté de son client Akshaye Keerpah.
L'homme de loi souligne que son client, âgé de 25 ans, n'a aucun antécédent judiciaire et qu'il a déjà consigné sa déclaration de défense. Il affirme que plusieurs vidéos seraient en possession de la police et qu'aucune ne démontrerait un acte d'attaque, de violence, d'agression ou de résistance commis par son client envers un officier.
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La charge provisoire retenue contre Akshaye Keerpah relève de l'article 144 du Code pénal, soit l'infraction de rébellion. Selon son avocat, dans les circonstances décrites, il s'agirait au plus d'un délit ne justifiant pas un maintien en détention. Me Nuckcheddy précise également qu'aucun policier n'aurait été blessé et qu'aucun dommage matériel ne serait directement imputé à son client.
Plainte annoncée à l'IPCC
La défense soulève par ailleurs la question d'égalité de traitement. Sur les huit accusés poursuivis dans cette affaire, un seul - T. G. - a été libéré sur parole. Selon l'avocat, si un accusé a pu obtenir la liberté, son client devrait bénéficier du même traitement.
Il estime que l'objection à la remise en liberté d'Akshaye Keerpah n'est pas justifiée au regard des éléments disponibles. Il sollicite ainsi l'intervention du DPP afin que des directives soient données dans les plus brefs délais concernant l'objection policière.
Parallèlement à cette démarche, Me Nuckcheddy maintient son intention de porter plainte à l'Independent Police Complaints Commission (IPCC) pour brutalité policière présumée. Il affirme que son client aurait subi des violences lors de son arrestation au poste de police de Bel-Air-Rivière-Sèche.
Dans des lettres adressées le 27 janvier au commissaire de police et aux autorités sanitaires, il évoque des blessures visibles ainsi que des douleurs internes dont son client se serait plaint.
Il dénonce également une tentative d'ingérence dans un entretien avocat client au poste de police, estimant que cela constitue une atteinte au privilège professionnel et aux droits fondamentaux de la défense. Selon lui, si la situation n'évolue pas favorablement, une plainte formelle sera déposée auprès de l'IPCC en début de semaine prochaine.
Par ailleurs, face à la presse hier, le ministre de l'Environnement, Rajesh Bhagwan, et la junior minister, Joanna Bérenger, ont tiré la sonnette d'alarme sur la hausse des nuisances sonores dans le pays.
Selon le ministère, 31 % des plaintes reçues en 2024-2025 concernaient le bruit, provenant de véhicules bruyants, chantiers, musique forte ou activités sur les plages. Depuis novembre 2024, 154 contraventions ont été dressées, contre 62 en 2023.
Les plages, lieux de détente, sont particulièrement ciblées et les réglementations fixent les limites de décibels et les horaires à respecter. Le gouvernement prévoit de renforcer les amendes et la présence policière, avec tous les postes équipés de sonomètres. Joanna Bérenger a souligné la nécessité d'un changement de comportement et de l'éducation citoyenne, envisageant des travaux d'intérêt général pour les récidivistes.