Le ministère de l'Environnement et de la Transition écologique et African Loop Consulting ont initié hier, jeudi 29 janvier 2026, une matinée de dialogues stratégiques autour des politiques climatiques nationales. Une rencontre qui visait à créer un espace de dialogue structuré entre institutions publiques, secteur privé, acteurs financiers, chercheurs et porteurs de solutions, afin de renforcer l'appropriation et la mise en oeuvre des politiques climatiques nationales par les acteurs économiques sénégalais.
Face à l'intensification des impacts climatiques dont l'érosion côtière, les sècheresses, les inondations, la pression sur les systèmes agricoles, le Sénégal renforce son engagement climatique à travers l'actualisation de sa Contribution déterminée au niveau National (CDN). Pour mieux appréhender la question, le ministère de l'Environnement et de la Transition écologique (METE) et African Loop Consulting ont initié hier, jeudi 29 janvier 2026, une matinée de dialogues stratégiques autour des politiques climatiques nationales.
Il s'agissait pour les acteurs de renforcer la compréhension des politiques climatiques nationales par le secteur privé en mettant en lumière des approches concrètes d'innovation et de dé-carbonisation, encourager l'intégration des enjeux climatiques dans les stratégies d'entreprise, favoriser les synergies entre acteurs publics, privés, financiers et académiques et poser les bases d'une dynamique pérenne de collaboration public-privé.
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Pour Mountakha Fall, conseiller technique en communication du METE, qui a lu le discours du ministre, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, «plus de 70% des émissions mondiales sont liées aux activités économiques, et plus de 80% des investissements mondiaux proviennent du secteur privé». Il estime que sans une implication forte du secteur privé, aucune action climatique crédible n'est possible. Et d'ajouter : «cette nouvelle Contribution Déterminée au niveau National (CDN) reconnaît pleinement le secteur privé comme un acteur central de l'atténuation, de l'adaptation et de la transformation durable de notre économie, en cohérence avec la Vision Sénégal 2050 du Président de la République, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye».
M. Fall soutient que cette rencontre marque le début d'une dynamique durable, avec l'organisation, dès 2026, de rencontres sectorielles de l'innovation climatique, afin d'accélérer l'industrialisation verte et de faire du secteur privé un moteur de la transition écologique du Sénégal. «Nous restons lucides sur les défis : coûts initiaux des investissements verts, accès limité aux financements climatiques pour les PME, besoin de projets bancables et de compétences techniques. Le défi n'est pas le manque d'idées, mais leur mise à l'échelle. C'est tout le sens du partenariat public-privé : l'État crée le cadre et réduit les risques, le secteur privé investit et déploie les solutions», a-t-il avancé.
Et de faire comprendre que, concrètement, l'action climatique permet déjà aux entreprises de réduire leurs coûts énergétiques de 10 à 30% grâce à l'efficacité énergétique, de renforcer la résilience de leurs chaînes de valeur et d'améliorer leur compétitivité. Elle ouvre également l'accès à des financements verts en forte croissance, estimés à plus de 1600 milliards de dollars d'actifs mobilisés au niveau mondial, ainsi qu'à de nouveaux marchés et partenariats internationaux.
Par ailleurs, il atteste que la transition écologique est un puissant moteur d'innovation et d'emplois, notamment dans les énergies renouvelables, l'économie circulaire, les bâtiments durables et l'agriculture intelligente face au climat, avec un rôle central pour les PME et les startups.