Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, s'est dit profondément préoccupé, jeudi, par l'escalade continue de la violence au Soudan du Sud, notamment dans l'État de Jonglei, qui a causé de nombreux morts et blessés et le déplacement de 180 000 civils, selon les informations disponibles.
Le chef de l'ONU « est alarmé par la rhétorique incendiaire visant des communautés spécifiques et par l'annonce d'une intensification des opérations militaires, qui ne feront qu'aggraver la situation des populations civiles déjà vulnérables », a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric dans une déclaration à la presse.
M. Guterres est également profondément préoccupé par l'impact de cette escalade de la violence sur une situation humanitaire déjà critique. Dès les premières semaines de 2026, le gouvernement sud-soudanais a signalé le déplacement de 250 000 civils en raison du conflit en cours dans le pays.
Protéger les civils
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« Le Secrétaire général appelle toutes les parties à protéger les civils et à garantir l'accès et la sécurité de l'aide humanitaire, ainsi que la sécurité des Casques bleus des Nations Unies, du personnel humanitaire et de leurs biens », a dit son porte-parole.
Le chef de l'ONU exhorte le gouvernement sud-soudanais et les forces d'opposition à « prendre des mesures immédiates et décisives pour mettre fin à toutes les opérations militaires et désamorcer la situation par un dialogue inclusif ».
Selon lui, cette crise exige une solution politique et non militaire. Il appelle les parties à s'entendre d'urgence sur une feuille de route consensuelle pour la dernière année de la période de transition afin de faciliter la tenue d'élections crédibles.
Il salue par ailleurs les efforts en cours de l'Union africaine et de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et encourage les pays voisins à redoubler d'efforts pour soutenir un dialogue inclusif. L'IGAD est un bloc régional africain composé de huit pays : Djibouti, Érythrée (actuellement suspendue), Éthiopie, Kenya, Somalie, Soudan du Sud, Soudan et Ouganda.
Rhétorique incendiaire
Lundi, la Mission de paix des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) et des experts indépendants de l'ONU ont lancé un cri d'alarme concernant la situation dans l'Etat de Jonglei, théâtre depuis fin décembre d'affrontements entre l'armée et les forces loyales à l'ancien vice-président Riek Machar.
Les experts de la Commission des Nations Unies sur les droits de l'homme au Soudan du Sud ont prévenu que les récents propos « incendiaires de hauts responsables militaires et les informations faisant état de la forte mobilisation de troupes accentuent considérablement le risque de violences massives contre les civils et sapent davantage l'accord de paix » ayant mis fin à une guerre civile qui a fait rage de 2013 à 2018.
La MINUSS s'est aussi inquiétée des informations selon lesquelles un haut responsable militaire inciterait les troupes à commettre des violences aveugles contre les civils dans l'État de Jonglei.
Elle a fustigé les « discours incendiaires appelant à la violence contre les civils, y compris les plus vulnérables, qui sont odieux et qui doivent cesser immédiatement ».