Au Soudan, la tension s'est déplacée vers un nouvel État du sud du pays, le Nil Bleu, frontalier avec l'Éthiopie et le Soudan du Sud. Cette zone constitue depuis une semaine un nouveau champ de bataille entre l'armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) soutenus dans cet État par les SPM-N d'Abdelaziz el-Hilu. Coincé sur les fronts du Kordofan et du Darfour, les FSR et leurs alliés ont attaqué plusieurs positions de l'armée. Celle-ci annonce cette semaine avoir repris ses positions, y compris celles qui bordent la frontière éthiopienne.
Cette nouvelle bataille se préparait depuis un moment. L'armée soudanaise avait mis en garde Addis-Abeba, accusé d'acheminer armes et munitions aux paramilitaires et rebelles, ainsi que d'entrainer des hommes dans une base située sur son territoire pour faire la guerre au Soudan. L'armée a envoyé en renfort la quatrième division d'infanterie à Damazin capitale du Nil Bleu, et continue à renforcer son déploiement dans la région.
Ces combats au Nil Bleu interviennent alors que les deux belligérants tentent de contrôler les sites stratégiques et les carrefours vitaux dans les régions du Darfour et du Kordofan, respectivement à l'ouest et au sud du pays. Selon certains experts militaires, les mouvements des Forces de soutien rapide (FSR) et du SPM-N du rebelle Abdelaziz al-Hilu dans le Nil Bleu ne peuvent être séparés du déroulement des opérations au Darfour et au Kordofan.
Les FSR y subissent une pression croissante au sol. Pour soulager la pression et détourner l'attention du Darfour et du Kordofan, elles ouvrent donc « des axes latéraux », analyse une source. Le Nil Bleu possède une position stratégique sensible et des atouts importants. C'est un corridor pour le commerce et la contrebande. Le contrôler implique des enjeux qui dépassent le Soudan et impliquent toute la région.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Implication de l'Éthiopie
Abdelaziz al-Hilu combat le gouvernement depuis 2011. Il revendique l'autonomie du Kordofan du centre ainsi que celle du Nil Bleu. L'armée soudanaise accuse l'Éthiopie de lui avoir permis de constituer une base arrière sur son territoire.
Elle accuse également le Soudan du Sud d'abriter des combattants des FSR. Des faits qui rendent toute escalade militaire extensible aux deux pays voisins, dont la situation politique et sécuritaire est très fragile.