Au Mozambique, les infrastructures ont durement été frappées par les inondations de ces derniers jours. Les réseaux électrique, Internet et surtout routier sont endommagés. Les autorités estiment qu'il faudra environ 650 millions de dollars pour reconstruire le pays. Dans la province de Gaza, dans le sud du pays, la plus touchée par les inondations, des voyageurs coincés par les eaux sont prêts à tout pour partir.
La partie basse de la ville de Xai Xai, au sud du Mozambique, est maintenant surnommée les « docks ». Là, des voyageurs attendent nuit et jour de pouvoir traverser la zone inondée. Lesmina doit reprendre le travail à Maputo mais, arrivée la veille sur les coups de 22h, elle attend. « Je ne sais même pas si je vais réussir à traverser », craint-elle, « et j'ai peur de mourir ici, si le bateau se renverse, étant donné que je ne sais pas nager. »
Des petits bateaux, d'une dizaine de passagers, enchainent les aller-retours. À 500 meticais, environ 6,50 euros, la traversée, Frances, qui vient de Sofala, au nord, estime que ce commerce est rentable. « C'est beaucoup, mais on n'a pas le choix », déplore-t-il. Lui qui tente de rejoindre la capitale, Maputo, a déjà dépensé « 1 400 meticais pour venir jusqu'ici et j'ignore combien cela va me coûter après la traversée, j'ai déjà perdu 1 900 meticais [25 euros - NDLR] et j'ai encore de la route », dit-il en faisant ses comptes.
De l'autre côté, de nouveau des voyageurs, impatients, attendent également. Les bateaux et les bus manquent. Les esprits s'échauffent. Le capitaine Bilio, qui se désole de cette situation, a préféré louer son bateau à l'ONG Save the Children. « Cela n'est pas bien, ce commerce des traversées », regrette le capitaine, « ils ont des bateaux mais pas d'essence, alors ils font payer un peu pour le carburant. Je comprends mais ce n'est pas simple, beaucoup de personnes souffrent. »
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Selon les autorités, plus de 800 000 Mozambicains sont affectés par les inondations.