La justice ivoirienne a condamné, vendredi 30 janvier 2026, Mamadou Hawa Gassama, membre du Conseil national de la transition (CNT), l'organe législatif du Mali, à trois ans de prison ferme pour « offense au chef de l'État » et « propos outrageants diffusés sur internet » à l'encontre du président de la République de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara.
Les faits reprochés à l'élu malien remontent à septembre 2022. Lors d'une interview accordée à un média malien, Mamadou Hawa Gassama avait publiquement qualifié le président ivoirien « d'ennemi du Mali », dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Abidjan et Bamako. Ces déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux, avaient suscité de vives réactions en Côte d'Ivoire.
Arrêté en juillet 2025 alors qu'il effectuait un voyage privé sur le territoire ivoirien, M. Gassama a été poursuivi devant les juridictions ivoiriennes. Selon un journaliste de l'Agence France-Presse (AFP) présent à l'audience, le tribunal a estimé que les propos tenus portaient atteinte à l'honneur et à la considération du chef de l'État ivoirien.
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Outre la peine de trois ans d'emprisonnement ferme, la juridiction a également prononcé une amende de cinq millions de francs CFA, soit environ 7 622 euros, ainsi qu'une interdiction de territoire ivoirien à l'issue de la peine.
Cette décision a été vivement critiquée par la défense. L'avocat de l'accusé, Me Mamadou Ismaila Konaté, a qualifié la condamnation d'« excessive » et de « grave », estimant qu'elle pose la question de la liberté d'expression dans un contexte politique sensible. Il n'a pas exclu la possibilité de faire appel du verdict.
Cette affaire intervient dans un climat toujours marqué par des relations délicates entre la Côte d'Ivoire et le Mali, illustrant la persistance des tensions diplomatiques entre les deux pays voisins.