Le cri de détresse des autorités coutumières du territoire de Djugu (Ituri) se fait de plus en plus pressant. Depuis près de deux semaines, les miliciens de la Convention pour la révolution populaire (CRP) occupent le groupement Sumbuso et une partie du groupement Dz'na, après avoir été délogés de Bule par les FARDC. Cette occupation oblige des milliers de familles à fuir leurs villages.
L'occupation du groupement Sumbuso par des miliciens n'est pas nouvelle, mais elle s'est aggravée. Après avoir subi le joug de la CODECO en 2021, la région est désormais sous l'emprise de la CRP. Résultat : au moins 73 villages sont totalement vidés de leurs habitants. Ce déplacement massif prive des milliers d'enfants de scolarité depuis maintenant cinq ans.
Un calvaire humanitaire qui dure depuis 2021
Les populations déplacées s'entassent dans divers sites à travers le territoire, vivant dans une précarité extrême. Le chef de l'entité alerte sur une « génération perdue », de nombreux enfants n'ayant plus franchi le seuil d'une école depuis près de cinq ans. Selon les autorités locales, ce vide sécuritaire est directement lié à l'absence d'une présence permanente des Forces armées de la RDC (FARDC) dans ces zones rurales.
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Le plaidoyer des chefs coutumiers : « Nous ne sommes pas des miliciens »
Lors d'une rencontre jeudi 29 janvier à Bule avec le commandant de la 32e région militaire, les autorités coutumières ont exprimé leur lassitude face à ce conflit qui s'éternise. Elles ont également dénoncé un amalgame dangereux.
« Nous demandons aux FARDC de démanteler définitivement ce groupe armé. Nous en avons assez d'être assimilés à des miliciens alors que nous sommes les premières victimes », ont-elles plaidé.
Face à cette situation, le Général Antoine David Mushimba, commandant de la 32e région militaire, a réagi fermement. Il a instruit ses officiers de planifier, avec l'appui de l'armée ougandaise (UPDF) et de la MONUSCO, des opérations visant à restaurer l'autorité de l'État dans le groupement Sumbuso.
Pour l'heure, le retour reste très timide et ne concerne que quelques localités lacustres où les FARDC ont déjà établi des positions permanentes. Pour le reste du groupement, la population attend un signal fort pour quitter les sites de déplacés et regagner ses terres.