Le climat social est électrique à Mbandaka, chef-lieu de la province de l'Équateur. Les agents de la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT) sont en grève depuis mercredi 28 janvier. Ils réclament trois années de salaires impayés et dénoncent une gestion opaque de la direction provinciale de cette entreprise publique.
Tôt le matin de mercredi, des pneus enflammés devant le bâtiment administratif de la SCPT ont annoncé la couleur. Les agents, à bout de patience, ont barricadé l'entrée principale pour exiger la régularisation immédiate de leur situation salariale par la direction générale basée à Kinshasa.
Accusations de mégestion et colère syndicale
Au-delà des arriérés de 36 mois, les grévistes pointent du doigt la gestion locale. Jérôme Buka, président de la délégation syndicale, accuse le directeur provincial de détourner les recettes générées localement et de brader le patrimoine de cette entreprise publique.
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« Nous sommes fatigués de travailler sans être rémunérés. Pendant que nous souffrons, les recettes locales et le patrimoine de l'entreprise sont gérés de manière opaque », dénonce Jérôme Buka.
La direction provinciale se dédouane
Face à ces graves accusations, Pitshou Bapeke Bobango, directeur provincial de la SCPT/Équateur, rejette toute responsabilité. Pour lui, la question salariale relève exclusivement de la compétence de la direction générale à Kinshasa.
Il va plus loin en remettant en cause la légitimité de certains grévistes :
Irrégularité : Selon lui, plusieurs meneurs du mouvement ne se présentent que rarement à leur poste de travail.
Double emploi : La direction affirme que certains agents auraient déjà trouvé un emploi dans d'autres entreprises privées tout en continuant à figurer sur les listes de la SCPT.
Une impasse sociale inquiétante
Alors que les bureaux restent fermés, les agents jurent de maintenir la pression jusqu'à l'obtention d'un signal clair venu de la capitale, tandis que la direction locale appelle à la reprise du travail en attendant l'arbitrage de la hiérarchie nationale.