Madagascar: Poursuite judiciaire - Détention préventive confirmée pour Sahondrarimalala

L'opposition à la détention préventive de la députée et ancienne ministre Marie Michelle Sahondrarimalala est rejetée. Ses avocats martèlent l'existence de vices de procédure dans cette affaire et attendent l'ouverture de l'enquête au fond.

Rejetée. C'est la réponse de la Cour de cassation à l'opposition déposée par les avocats de la députée Marie Michelle Sahondrarimalala, ancienne ministre de l'Éducation nationale.

« Nous allons donc attendre la suite de la procédure, l'ouverture de l'enquête au fond », déclare Maître Nicaise Chen, un des avocats de l'élue de la circonscription de Fianaran- tsoa, lors d'une déclaration à la presse, hier, devant la Maison des avocats, à Anosy.

Sauf changement, l'ancienne ministre de l'Éducation nationale est en détention provisoire à la maison centrale d'Avaradrano, sise à Ambohidrabiby, jusqu'à son procès. Elle y a été envoyée à la suite d'un mandat de dépôt prononcé contre elle après sa comparution devant un magistrat instructeur de la Cour suprême, dans la nuit du 19 janvier. Une procédure spéciale en raison de son statut de magistrat de premier grade.

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Celle qui est aussi députée de Fianarantsoa est accusée « d'atteinte à la sûreté de l'État », en raison de faits qui remonteraient à octobre 2025. En marge de la cérémonie solennelle pour la rentrée judiciaire de cette année 2026, le 23 janvier à Anosy, Fanirisoa Ernaivo, ministre de la Justice, a indiqué que des éléments compromettants auraient été découverts lors de l'analyse de l'ordinateur de Marie Michelle Sahondrarimalala.

Vice de procédure

« L'ordinateur et le téléphone de notre cliente ont bien été saisis par la police économique durant la perquisition à son domicile. Tous les mots de passe leur ont été communiqués. Notre cliente n'a pas été enquêtée au sujet du contenu de son ordinateur tout le temps de sa garde à vue, que ce soit par la police économique ou bien par la brigade criminelle. Nous avons alors été surpris lorsqu'en feuilletant les pièces du dossier, nous y avons vu que son ordinateur a été fouillé », explique Maître Nicaise Chen.

Continuant son plaidoyer face à la presse, l'avocat de l'ancienne membre du gouvernement soutient que « la procédure n'a pas été respectée, puisque la fouille de l'ordinateur de ma cliente aurait dû se faire devant nous. Ou bien, si nous n'avions pas pu y assister, l'officier de police judiciaire aurait dû dresser un procès-verbal et désigner deux témoins. L'article 211 du Code de procédure pénale n'a pas été respecté ».

Une fois de plus, Maître Nicaise Chen dénonce « le non-respect du principe du contradictoire » dans l'affaire concernant la députée Sahondrarimalala, en prenant l'exemple de la fouille de son ordinateur. « Ils n'ont pas dû le faire en catimini et à notre insu, pour ensuite affirmer qu'il existe des preuves à charge », fustige l'avocat. Par ailleurs, en marge de la cérémonie solennelle pour la rentrée judiciaire, le 23 janvier, la Garde des Sceaux a également affirmé que la membre de l'Assemblée nationale serait aussi sous la coupe « d'une accusation de détournement de deniers publics ».

Les faits de détournement de deniers publics qui seraient imputés à Marie Michelle Sahondrarimalala remonteraient à la période où elle était ministre de l'Éducation nationale. En réponse, hier, l'avocat de l'élue de Fianarantsoa déclare : « Le dossier que nous avons lu, jusqu'ici, ne retient comme charge que l'atteinte à la sûreté de l'État ». Il ajoute que « si les faits se rapportent à ses fonctions de membre du gouvernement, cette affaire devrait alors relever de la compétence de la Haute Cour de Justice (HCJ), comme le dispose la Constitution ».

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