Le dernier acte de la répression politique serait-il de nier jusqu'au droit au deuil ?
Au Cameroun, la lutte dépasse désormais le seuil de la vie. La célèbre avocate Me Alice Nkom dénonce une situation inédite et glaçante : le refus des autorités de restituer la dépouille d'un opposant, Anicet Ekane, à sa famille. Cette affirme cristallise une violation des droits humains d'une nature nouvelle, où le pouvoir s'attaque au sacré du repos éternel.
Une frontière universelle franchie
La mort a longtemps été considérée comme une limite inviolable, même pour les régimes les plus autoritaires. Le refus d'un enterrement digne marque un tournant. Il ne s'agit plus seulement de réprimer des vivants, mais d'infliger une torture psychologique durable aux proches. Cette stratégie vise à briser le lien familial et mémoriel, dernier rempart des communautés.
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La justice post-mortem en jeu
En empêchant le deuil, le pouvoir étend son emprise au-delà du temps terrestre. Cette pratique, dénoncée par la voix incontournable de Me Alice Nkom, questionne l'âme même d'une nation. Peut-on envisager une réconciliation nationale lorsque l'État nie la paix des morts à ses citoyens ? La dignité humaine et le respect des défunts sont des principes universels qui fondent toute société.
Un précédent dangereux
Cette affaire dépasse le cadre camerounais. Elle établit un précédent inquiétant où le corps devient un instrument de contrôle ultime. Quand l'adieu devient un champ de bataille, c'est toute l'humanité qui recule. La communauté internationale et les défenseurs des droits observeront la réponse des autorités. Le Cameroun parviendra-t-il à retrouver le chemin de l'apaisement en rendant ce corps à la terre ?