Cameroun: L'état fantôme, un peuple face au silence de ses institutions

1 Février 2026
opinion

À quelques mois d'élections législatives et municipales cruciales, un sentiment d'abandon creuse son sillon au sein de la population camerounaise.

Le pays semble fonctionner sur deux réalités parallèles : l'une, faite de la résilience quotidienne des citoyens ; l'autre, régie par une administration distante où l'attente d'une haute instruction paralyse l'initiative. Cette déconnexion transforme la gouvernance en un exercice de soliloque, laissant un peuple se débattre seul avec les urgences du quotidien.

Le poids des attentes hiérarchiques

Dans les services publics, le mécanisme est bien rodé. L'action se fige en attendant un signal venu d'en haut, un décret ou une signature. Cette culture de la haute instruction engendre une inertie systémique où les cadres intermédiaires préfèrent l'inaction au risque de déplaire. Le résultat est une machine étatique souvent perçue comme absente, incapable de répondre dans les temps aux défis pressants de la nation.

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Absentéisme : un symptôme révélateur

Le phénomène n'est pas qu'une métaphore. L'absentéisme dans la fonction publique est si endémique qu'il mobilise l'attention des plus hautes autorités. Des gouverneurs de région annoncent désormais des sanctions, incluant des retenues sur salaire voire des licenciements, pour les agents récalcitrants. Ces mesures radicales témoignent de l'ampleur d'un mal qui sape la confiance des citoyens envers leurs institutions.

Un contexte politique électrique

Cette vacance du pouvoir de proximité se déploie dans un climat politique déjà tendu par la préparation des scrutins de 2026. Alors que les manœuvres s'intensifient pour contrôler le jeu électoral, le citoyen ordinaire, lui, continue de composer avec les réalités d'un État dont les priorités semblent parfois lointaines. La dynamique créée est celle d'une nation où la politique se joue dans les coulisses, loin des préoccupations des marchés et des quartiers. Face à ce constat, une question s'impose : comment recoudre le lien rompu entre un État perçu comme lointain et un peuple dont la résilience est sans cesse mise à l'épreuve ?

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