Ile Maurice: L'arrestation qui avait ému le monde prend fin à Minneapolis

La photo de cet enfant équatorien de 5 ans, arrêté le 20 janvier à Minneapolis par la police de l'immigration, avait fait le tour du monde. On y voit Liam Conejo Ramos, apeuré et coiffé d'un bonnet bleu aux oreilles de lapin, portant un cartable tenu par un agent vêtu de noir.

Un peu plus d'une dizaine de jours plus tard, ce samedi 31 janvier, un juge fédéral a finalement ordonné sa libération, ainsi que celle de son père, selon une information obtenue par CNN et le San Antonio Express News. Tous deux étaient détenus au South Texas Family Residential Center de Dilley, au Texas, à plus de 2 000 kilomètres de leur domicile.

Le juge Fred Biery, nommé au Texas par un président démocrate, a notamment fustigé dans son ordonnance « l'ignorance du gouvernement à l'égard d'un document historique américain appelé la Déclaration d'indépendance », avant de citer des propos de Thomas Jefferson - le 3e président des États-Unis - sur la nécessité de se prévenir de l'autoritarisme.

Pour lui, cette affaire trouve son origine dans « dans la mise en place, mal conçue et mal exécutée par le gouvernement, de quotas quotidiens d'expulsions, même si cela implique de traumatiser des enfants ».

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

« L'observation du comportement humain confirme que, chez certains d'entre nous, la soif perfide de pouvoir sans limites et le recours à la cruauté pour l'assouvir sont sans bornes et dénués de toute humanité », cingle encore le juge dans son ordonnance, comme le rapporte CNN.

Le petit garçon était « déprimé et triste »

Fred Biery s'en est également pris aux mandats administratifs, souvent utilisés par les agents fédéraux de l'immigration pour procéder à des arrestations, et qui ne requièrent pas la signature d'un juge. « Les mandats administratifs émis par le pouvoir exécutif à son propre profit ne constituent pas une preuve suffisante », argumente-t-il. « C'est comme confier la garde des poules au renard. La Constitution exige un magistrat indépendant. »

Après cette décision de justice, le district scolaire de Liam dans le Minnesota s'est dit « ravi ».

En milieu de semaine, un représentant démocrate avait affirmé que Liam Conejo Ramos était «déprimé et triste », après lui avoir rendu visite dans le centre texan où il est détenu avec son père.

«Son père dit qu'il n'est plus le même, qu'il dort beaucoup parce qu'il est déprimé et triste », avait décrit Joaquín Castro, représentant démocrate du Texas, dans une vidéo sur X. « Je m'inquiète pour sa santé mentale », ajoutait l'élu, indiquant que selon son père, l'enfant « veut retourner à l'école ».

Joaquín Castro soutient que la famille se trouve dans le pays en situation régulière et qu'ils doivent tous deux être libérés. Mardi, un juge fédéral avait suspendu jusqu'à nouvel ordre la procédure d'expulsion de Liam et son père.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 80 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.