Alors que le nombre de morts sur les routes continue d'augmenter, le syndicaliste Fayzal Ally Beegun tire la sonnette d'alarme sur certaines pratiques jugées dangereuses dans le transport des travailleurs. À ses yeux, la situation est devenue intenable et nécessite une réaction urgente des autorités concernées.
Ces derniers jours, des images largement relayées sur les réseaux sociaux ont relancé le débat. On y voit des travailleurs transportés dans des conditions précaires, à l'arrière de camions ou dans les caissons de vans, sans aucune protection.
Une exposition directe aux intempéries mais surtout à des risques majeurs en cas d'accident. «On ne peut pas continuer à fermer les yeux sur ce genre de pratiques», soutient Fayzal Ally Beegun, qui y voit une banalisation dangereuse de la vie humaine.
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Pour le syndicaliste, certaines entreprises prennent des risques inacceptables en matière de sécurité, mettant leurs employés en danger au quotidien. «Il faut arrêter de jouer avec la vie des gens. Que ce soit des travailleurs étrangers ou des Mauriciens, la vie a la même valeur», martèle-t-il. Selon lui, si la police est bien présente sur le terrain, des manquements subsistent dans l'application stricte des règles de sécurité routière, notamment en ce qui concerne le transport de personnes.
«Aujourd'hui, on constate qu'il y a mort d'homme toutes les 12 heures», déplore-t-il, faisant référence à une tendance alarmante observée depuis le début de l'année. Des véhicules qui se retrouvent renversés, parfois avec des passagers transportés de manière illégale, continuent de faire la Une. «La police ne doit pas être là uniquement pour distribuer des contraventions ou retirer des points. Sa mission première reste la protection de la vie humaine», insiste Fayzal Ally Beegun.
Il met également en lumière la position délicate des travailleurs concernés. Beaucoup, selon lui, n'osent pas contester les conditions dans lesquelles ils sont transportés. «La menace du licenciement est bien réelle. Ils ont peur de perdre leur emploi et sont donc contraints d'accepter, même lorsque leur sécurité est clairement compromise», explique-t-il. Une réalité sociale qui, selon le syndicaliste, appelle à une intervention ferme des autorités compétentes.
À ce titre, Fayzal Ally Beegun estime que le ministre du Travail, Reza Uteem, devrait s'exprimer publiquement et mettre en garde les entreprises qui exposent leurs employés à de tels dangers. «Le ministre du Transport, de même que le commissaire de police, sont également concernés. La sécurité routière ne peut pas être traitée de manière fragmentée», souligne-t-il. Derrière chaque statistique, rappelle-t-il, se cache une famille endeuillée. «Combien de foyers sont aujourd'hui bouleversés par un décès sur les routes ?»
Au-delà du transport des travailleurs, le syndicaliste élargit le débat à d'autres comportements à risque observés sur les routes. Il pointe notamment du doigt certains parents qui offrent des motos à leurs enfants sans que ceux-ci aient pleinement conscience des dangers.
«Une moto de plus de Rs 100 000, ce n'est pas un jouet. On voit des jeunes faire des rallyes, sans mesurer les conséquences possibles», déplore-t-il, appelant à une prise de conscience collective et à une meilleure éducation routière dès le plus jeune âge.
Enfin, Fayzal Ally Beegun évoque la situation des conducteurs âgés, estimant que des contrôles médicaux réguliers devraient être systématiques, en particulier pour ceux qui exercent comme chauffeurs.
«La vision doit être vérifiée de temps en temps. C'est une question de sécurité pour tous les usagers de la route», affirme-t-il. D'ailleurs, selon les derniers chiffres communiqués par la police, les personnes âgées de 60 ans et plus représentent près de la moitié des victimes d'accidents mortels depuis le début de l'année.
Face à ce constat préoccupant, le syndicaliste appelle à une mobilisation générale : autorités, employeurs, familles et usagers de la route. «La sécurité routière n'est pas une option. C'est une responsabilité collective», conclut-il, rappelant que chaque négligence peut coûter une vie.