En marge de la Journée mondiale de la protection des données, le ministère des Technologies de l'information, de la communication et de l'innovation (MITCI), en collaboration avec le Data Protection Office (DPO), a procédé le mercredi 28 janvier à Ébène au lancement officiel de la Mauritius National Data Strategy 2025-2029, placée sous le thème A New Era of Trust.
Cette nouvelle stratégie nationale trace la vision à long terme du pays en matière de gouvernance responsable des données, de protection des informations personnelles et d'utilisation stratégique des données comme levier de développement. L'objectif affiché est clair : renforcer la confiance du public tout en soutenant l'innovation, la transformation numérique et le développement durable.
Prenant la parole lors de la cérémonie, la Data Protection Commissioner, Drudeisha Madhub, a insisté sur le rôle central de l'accès à l'information dans une démocratie moderne. Elle a rappelé que le DPO ne se limite pas à un rôle de régulateur, mais agit aussi comme facilitateur de la transparence. À ce titre, elle a annoncé que des initiatives concrètes ont déjà été engagées, notamment avec la préparation d'un Freedom of Information Bill, destiné à encadrer et garantir le droit du public à l'information.
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La question de la cybersécurité a également occupé une place importante lors des échanges. Le commissaire de police, Rampersad Sooroojebally, est revenu sur la signature récente d'un Memorandum of Understanding entre la Mauritius Police Force (MPF), le DPO et CERTMU (Computer Emergency Response Team - Mauritius).
Cet accord vise à renforcer la coopération interinstitutionnelle, particulièrement en matière de protection des données personnelles, de lutte contre la cybercriminalité et de gestion des incidents numériques.
S'exprimant à la presse à l'issue du lancement, le ministre des Technologies de l'information et de la communication, Avinash Ramtohul, a élargi le débat aux risques auxquels les jeunes sont exposés sur Internet.
Il a estimé qu'il est essentiel que Maurice s'inspire des mesures adoptées à l'international pour faire face à ces nouveaux dangers numériques. Le ministre a notamment évoqué le cas de l'Australie, où l'accès à plusieurs réseaux sociaux est interdit aux moins de 16 ans depuis décembre dernier, une première mondiale saluée par le Premier ministre Anthony Albanese. Avinash Ramtohul a toutefois souligné les défis techniques liés à l'application concrète d'une telle mesure.
Il a également fait référence à la France, où les députés ont approuvé en première lecture une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une initiative soutenue par le président Emmanuel Macron. Au niveau européen, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s'est aussi prononcée, à titre personnel, en faveur de restrictions similaires pour les mineurs.
Le ministre a lancé un appel à la vigilance des parents, les invitant à surveiller de près l'utilisation des réseaux sociaux par leurs enfants. Un message qui s'inscrit dans l'esprit même de la National Data Strategy : construire un environnement numérique plus sûr, fondé sur la confiance, la responsabilité et la protection des citoyens.