Cameroun: La médiocrité de l'entourage présidentiel, fossoyeur de l'action de l'état ?

1 Février 2026
opinion

L'analyse est cinglante, et le diagnostic, sévère. Dans un débat télévisé, Dieudonné Essomba pointe un mal qui rongerait le sommet de l'État camerounais : non seulement un président affaibli, mais surtout un entourage présidentiel jugé « très médiocre ». Ce constat soulève une question cruciale pour la stabilité du pays : une vision stratégique fait-elle encore office de boussole au plus haut niveau ?

Le constat d'un pouvoir en déshérence

Le propos va au-delà de la simple critique politique. Il décrit un système où l'absence de leadership clair et cohérent générerait le « désordre » observé dans la prise de décision. L'argument est implacable : si les décisions venant de la présidence étaient portées par une ligne directrice ferme, le chaos administratif et politique serait contenu. L'affaiblissement du pouvoir exécutif ne serait donc pas qu'une question de personne, mais le symptôme d'un vide idéologique et décisionnel comblé par la médiocrité.

La médiocrité, un choix politique ?

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L'accusation est lourde de conséquences. Elle sous-entend que la médiocrité de l'élite n'est pas un accident, mais pourrait relever d'une logique de gouvernance. Entourer un chef vieillissant de collaborateurs sans envergure garantirait une forme de contrôle et empêcherait l'émergence de visions alternatives ou de leadership forts pouvant faire de l'ombre. Cette stratégie, si elle est avérée, crée un cercle vicieux : elle isole le président d'avis contradictoires et prive l'État des compétences nécessaires pour affronter des défis complexes.

Les conséquences d'une vision opérationnelle sans stratégie

Le coeur du réquisitoire réside dans cette distinction cruciale entre vision opérationnelle et vision stratégique. Gérer au jour le jour n'est pas gouverner. Sans une feuille de route stratégique claire pour le pays, les actions de l'État se réduisent à une suite de réactions ponctuelles, de petits calculs et de coups médiatiques. Cette approche court-termiste mine la planification nécessaire dans des secteurs comme l'économie, l'éducation ou la sécurité, laissant le pays naviguer à vue dans une région instable.

Alors que le Cameroun fait face à des crises multidimensionnelles, peut-il se permettre de naviguer sans capitaine ni cartes ?

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