Ile Maurice: Le ministre pointe les retards - Le syndicat défend les employés du CEB

Le ministre de l'Énergie, Patrick Assirvaden, a livré un constat sans détour sur l'état de la transition énergétique à Maurice lors de l'Education & Job Fair, qui s'est tenue le 28 janvier à l'auditorium Octave Wiehé, à Réduit.

S'il a salué l'engagement de la population à travers les campagnes d'efficacité énergétique et la participation du secteur privé, il a toutefois déclaré l'existence de blocages et de lenteurs. Le ministre a notamment pointé du doigt les retards jugés inacceptables dans la mise en œuvre des projets d'énergies renouvelables estimant que les employés du Central Electricity Board (CEB) devront redoubler d'efforts pour accélérer le rythme cette année.

Interpellé sur les propos du ministre, le président du syndicat des employés du CEB, Clency Bibi, défend l'action de l'institution et de son personnel. Il reconnaît les critiques concernant le rythme de mise en œuvre des projets, tout en soulignant que les retards ne peuvent être imputés aux employés.

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Il précise que, pour les projets d'énergies renouvelables, il existe des procédures à respecter et que les employés qui les contournent s'exposent à des sanctions. Il est donc injuste de leur faire porter la responsabilité des retards.

«Depuis plusieurs années, le personnel du CEB travaille sous forte pression, avec des effectifs insuffisants, des contraintes administratives lourdes, des procédures décisionnelles complexes et parfois un manque de moyens techniques et financiers. Malgré cela, les employés ont toujours assuré la continuité du service public, souvent au prix de sacrifices importants», explique-t-il.

Clency Bibi rappelle également que certains problèmes sont historiques. «Depuis 2000, le CEB s'est trop reposé sur les IPP [Producteurs Indépendants d'Électricité], et le développement de la production a été limité. Aujourd'hui, certains IPP ont plus de 30 ans. Le problème est avant tout politique. Le CEB applique la politique du gouvernement, mais il faut qu'il y ait une vision énergétique claire.»

Le syndicaliste déplore le ton de la déclaration. «On parle de "wake-up call". Est-ce que nous avons dormi pendant 40 ans ? Ces propos blessent des employés honnêtes. Ce n'est pas correcte. De telles déclarations risquent de démoraliser un personnel déjà éprouvé, au lieu de créer le climat de confiance et de collaboration nécessaire pour relever les défis énergétiques du pays. La transition énergétique et la sécurité de l'approvisionnement ne peuvent réussir sans l'engagement total des travailleurs, mais aussi sans une vision claire, des décisions rapides au plus haut niveau et un soutien concret à l'institution.»

Par ailleurs, Clency Bibi soutient que le syndicat reste ouvert au dialogue et réaffirme sa disponibilité à participer à toute concertation visant à accélérer les projets, améliorer la performance et garantir l'intérêt national.

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