Gabon: Les enseignants en grève votent à l'unanimité la poursuite du mouvement

Malgré la signature d'un accord de sortie de crise avec le gouvernement en milieu de semaine, les enseignants gabonais en grève depuis plus d'un mois ont décidé de reconduire leur mouvement, ce samedi 31 janvier. Ces derniers estiment que leurs revendications ne sont pas satisfaites et que les autorités peuvent aller plus loin.

Au Gabon, les enseignants en grève depuis plus d'un mois se sont prononcés à l'unanimité pour la poursuite du mouvement, samedi 31 janvier, à l'occasion de diverses assemblées générales organisées à Libreville et dans les différentes provinces du pays. Malgré un accord de sortie de crise trouvé avec le gouvernement dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 janvier, ces derniers estiment en effet que les autorités n'ont pas donné satisfaction à leurs revendications.

Dans la capitale, les grévistes venus nombreux se sont rassemblés dans un stade pour écouter le compte rendu de ses discussions avec l'exécutif fait par leur négociatrice, Honorine Angue Mintsa. Si celle-ci rappelle que les pourparlers ont débouché sur la promesse du recrutement de près de 400 enseignants, du versement d'un pré-salaire à 1800 bénévoles et d'une évolution de carrière pour 5000 agents, la foule juge ces acquis insuffisants.

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« On n'a pas obtenu grand chose : je pense que le gouvernement peut aller un peu plus loin », confie par exemple l'un des présents, tandis qu'un autre estime que « les enseignants ont des conditions de travail misérables » et qu'« il faudrait leur redonner de la dignité ».

Un mouvement qui commence à faire débat

« Régulariser la carrière de 5000 enseignants sur 21 000, c'est très peu : on demande au gouvernement de faire un effort supplémentaire et de nous proposer un chronogramme clair et précis. En dehors de cela, il y a d'autres points de revendication, notamment la question du pré-salaire qui est illégal en République gabonaise. Or le gouvernement le remet sur la table. Donc on n'est toujours pas satisfait ! », lance pour sa part Clovis Ebo, l'un des leaders du mouvement SOS Éducation-La base.

Reste que la poursuite de la grève commence toutefois à faire débat, certains enseignants - qui préfèrent garder l'anonymat - estimant qu'un tel radicalisme ne paie pas. « Le gouvernement a donné quelque chose, c'est pourquoi j'aurais souhaité que les gens lui fassent confiance et retournent dans leur classe. Il aurait alors été de bon aloi de se remobiliser ensuite, si on avait estimé avoir été floué », avoue l'un d'eux.

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