Selon l'enseignant-chercheur Mamadou Kabirou Gano, les divergences apparentes entre le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko dissimuleraient une fracture idéologique profonde. Invité de l'émission Objection de la radio Sud fm (station privée) hier, dimanche 1er février, l'universitaire a soutenu que cette tension excède les querelles d'ego pour révéler une opposition entre continuité politique et volonté de rupture, y compris au sein du Pastef.
Les divergences observées au sommet de l'État entre le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, continuent d'alimenter les débats. Enseignant-chercheur, maître de conférences titulaire au département de philosophie de la Faculté des Sciences et Technologies de l'Éducation et de la Formation (FASTEF, ex-École normale supérieure) de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD), Mamadou Kabirou Gano s'est, à son tour, invité dans la discussion. Invité de l'émission Objection de la radio Sud fm hier, dimanche 1er février, l'universitaire a expliqué que cette césure au sommet de l'État résulterait, au-delà des différends personnels, des questions d'ego ou de leadership, de postures idéologiques distinctes entre les deux hommes, en dépit de leur appartenance au même camp politique.
« Ils ne sont certainement pas porteurs des mêmes idées politiques ni des mêmes idéaux. Il ne s'agit donc pas simplement d'une différence de conception entre individus ou d'une volonté d'exercer le pouvoir de manière personnelle, mais bien du fait que chacun poursuit une visée politique idéologique différente », a-t-il estimé. Selon lui, le président Bassirou Diomaye Faye s'inscrirait davantage dans la continuité de la tradition politique sénégalaise. « Je pense que le président Diomaye est plus dans une démarche relevant de la tradition politique sénégalaise, celle d'une démocratie formelle et électorale, où l'on élit des responsables qui exercent ensuite le pouvoir jusqu'à la prochaine échéance », a-t-il soutenu.
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À l'inverse, poursuit-il, « le Premier ministre se situerait dans une posture de rupture, davantage en phase avec le discours initialement porté par le Pastef. De ce point de vue, il adopte une ligne idéologique plus clairement assumée que celle du président de la République ». Toutefois, prolongeant son analyse, Mamadou Kabirou Gano souligne que cette divergence idéologique ne se limite pas au seul tandem Diomaye-Sonko. Elle concernerait, selon lui, l'ensemble de l'appareil du parti au pouvoir, le Pastef, qui donnerait l'impression d'évoluer dans une forme de bricolage idéologique depuis son accession au pouvoir.