Le ministre de l'Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l'économie bleue et de la pêche, Arvin Boolell, a placé la question de la main-d'oeuvre au cœur de la relance agricole, le 15 janvier à Réduit.
Organisée par la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA) - avec l'appui du Food and Agricultural Research and Extension Institute, du Small Farmers Welfare Fund et de la Mauritius Cooperative Agricultural Federation Ltd - la rencontre a réuni des planteurs du secteur sucrier et non sucrier ainsi que des agriculteurs. Elle marque le lancement d'une série de consultations prévues à travers le pays, avec un objectif clair : expliquer les modalités qui seront mises en place pour permettre aux exploitants agricoles d'avoir recours à la main-d'œuvre étrangère, pour répondre au manque de bras dans les champs.
Arvin Boolell, a appelé les acteurs du secteur à «faire front ensemble» face à une réalité qu'il juge incontournable : la pénurie de main-d'œuvre saisonnière, aggravée par le vieillissement des travailleurs, la hausse des intrants et les coûts de mécanisation. Au centre des annonces, le ministre a indiqué qu'une première vague de 1 000 travailleurs étrangers est attendue dans un premier temps, pour un total fixée à 2 500 : «Après discussions avec les syndicalistes, les opérateurs et les petits planteurs, la décision a été prise de faire venir 2 500 travailleurs, en concertation avec le ministère du Travail.»
Ces travailleurs devraient être logés dans des dortoirs à Richelieu - mis à disposition par Metro Express Limited - répondant aux normes de l'Organisation internationale du travail. Le ministre a également annoncé une mise à jour du cadre légal, accompagnée d'un ordre de rémunération polyvalent, afin de permettre à ces travailleurs d'intervenir à la fois dans les filières sucrière et non sucrière.
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Dans son intervention, Arvin Boolell a insisté sur l'urgence d'adapter le modèle agricole. Il a plaidé pour une plus grande place accordée à l'innovation et à l'agriculture en environnement contrôlé, soulignant l'existence de dispositifs de soutien publics destinés à accompagner cette transition. Tout en reconnaissant la pression financière subie par de nombreux planteurs, il a défendu le potentiel de la filière cannière si elle mise davantage sur les produits à forte valeur ajoutée, tels que les sucres spéciaux et le rhum.
Le ministre a rappelé des mesures de soutien déjà annoncées, dont une recette garantie de Rs 35 000 par tonne, incluant bagasse et mélasse, pour les planteurs produisant jusqu'à 60 tonnes de sucre. Il a aussi mis en garde contre l'intensification de la concurrence internationale, évoquant l'émergence des pays du MERCOSUR comme concurrents solides, et a souligné la nécessité pour Maurice de rester un partenaire fiable pour les pays qui dépendent des produits sucriers mauriciens.