En conjuguant proximité physique, dynamisme numérique et éducation financière, les Intermédiaires en opérations de Banque (IOB) façonnent un écosystème financier plus accessible et efficace, notamment pour les populations non ou sous-bancarisées.
Les Intermédiaires en opérations de Banque (IOB) sont cruciaux pour l'accessibilité aux services financiers. Leur réseau de proximité est indispensable, car ils agissent comme le point d'entrée et de sortie du liquide (cash-in/cash-out), une fonction fondamentale dans l'UEMOA.
Véritables « supermarchés financiers » de quartier, ils offrent un guichet unique pour une gamme de services comme : l'accès aux comptes, l'ouvertures de comptes bancaires (via des partenariats), les transferts, l'épargne et la transmission de demandes de crédit. Leur présence est vitale dans les « déserts bancaires », que les banques traditionnelles délaissent en raison de coûts d'exploitation élevés.
Leur coeur de métier est d'être un facilitateur et un distributeur de services. Ils comblent le gap entre les institutions financières classiques et le client, par son rôle de pont qui aide concrètement les agents économiques (artisans, petits entrepreneurs) à formaliser leurs activités et à s'intégrer au circuit bancaire.
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Cette intégration est soutenue par l'éducation financière, indispensable pour « lever la peur des banques ». Les IOB y consacrent une partie de leur action en expliquant le fonctionnement des systèmes bancaires et de paiement. Cette approche basée sur l'écoute permet aux clients à faibles revenus et aux petites entreprises de mieux comprendre les produits et d'obtenir des services adaptés.
Selon les acteurs, cette stratégie d'inclusion financière repose sur une complémentarité stratégique, qui repose sur l'ancrage physique, qui assure la proximité territoriale et le traitement du cash. Le digital est mobilisé, souvent via l'agrément d'établissement de paiement, pour la facilitation, la rapidité des transactions et la promotion de produits financiers.
Concernant les évolutions futures, l'interopérabilité à venir permettra de compléter les services d'intermédiation avec une offre digitale complète (comptes de paiement, agrégation de compte, etc.) . L'avantage, selon Diène Mohamed Kamara, directeur général d'African Financial Agent est qu'il renforcera l'inclusion. De même, l'évolution réglementaire de l'UEMOA vers le statut d'Agent Bancaire est accueillie avec sérénité.
Les acteurs y voient un « prérequis » de conformité et non une contrainte, affirmant que ce changement statutaire n'affectera ni leur modèle économique, ni leur mission d'inclusion financière (la réglementation UEMOA de 2023 a remplacé le statut d'IOB par celui d'Agent Bancaire).
Malgré leur rôle fondamental, les IOB déplorent cependant, un manque de partenariats bancaires, regrettant que les dirigeants des institutions financières peinent à percevoir leur pleine valeur ajoutée. Ils appellent les banques à leur faire confiance, en reconnaissant leur rigueur réglementaire (anti-blanchiment, normes bancaires) et leur capacité unique à atteindre les populations isolées, permettant de démultiplier efficacement l'action bancaire sur le terrain.