C'est l'un « des plus grands projets stratégiques de l'histoire de l'Algérie indépendante », selon les mots du président algérien. Abdelmajid Tebboune a inauguré dimanche 1er février une ligne de chemin de fer de 1 000 km de long. Elle relie la mine de fer de Gara Djebilet, au sud-ouest, à la frontière avec le Maroc, à la ville de Béchar, plus au nord. L'objectif est d'exporter le fer de la mine de Gara Djebilet jusqu'à Oran. Ce projet pharaonique doit permettre l'exploitation d'un immense gisement de ce minerai.
Les réserves sont estimées à trois milliards et demi de tonnes de minerai de fer. C'est la Société nationale du fer et de l'acier qui l'exploite en partenariat avec un consortium chinois. Il devrait produire à terme 50 millions de tonnes par an. Le gisement a été découvert dans les années 1950, mais il est longuement resté inexploité en raison notamment de son enclavement en plein désert.
Cette nouvelle ligne de chemin de fer doit y remédier. 1 000 km et 45 ponts ont été construits en 20 mois par le groupement chinois CRCC et des entreprises algériennes, le tout financé par l'État.
Un minerai de fer chargé en phosphore
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Vingt-quatre trains minéraliers vont y circuler chaque jour pour faire sortir ensuite le minerai de fer en direction d'Oran notamment et son complexe sidérurgique. Mais le minerai de Gara Djebilet présente une particularité : sa forte teneur en phosphore. Pour l'utiliser, il faut donc le transformer et pour cela des unités de traitement sont en cours de déploiement.
L'objectif pour l'Algérie est de réduire les importations de minerai de fer. C'est aussi et surtout de diversifier l'économie algérienne encore très dépendante des hydrocarbures. Entre 2019 et 2023, l'exportation de pétrole et de gaz représentait près de la moitié des recettes de l'État.