Cameroun: L'état à l'épreuve de la prédation et des clans

2 Février 2026
opinion

Le constat est sévère et désormais partagé par de nombreux observateurs.

Au-delà des dysfonctionnements habituels, le Cameroun voit son modèle de gouvernance mafieuse se renforcer, caractérisé par la prééminence des intérêts privés sur l'intérêt public. Cette évolution interroge la nature même de l'État et son avenir.

Un pouvoir fantomatique au sommet

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La situation est paradoxale. Le pays est dirigé par un président absentéiste, omniprésent par son silence et ses apparitions rares. Cette absence physique et politique au quotidien a créé un vide au sommet de l'État. Ce vide n'est pas resté inoccupé. Il a été comblé par une multiplicité d'acteurs et de groupes qui se disputent le contrôle des ressources et de l'autorité. Le pouvoir, loin d'être unifié, est devenu l'enjeu d'une compétition féroce entre différents cercles d'influence.

La logique des clans et de la prédation

Cette compétition a donné naissance à une dynamique de clans politiques en guerre larvée. L'État n'est plus le cadre qui régule les conflits ; il en est devenu l'objet principal. Chaque clan cherche à contrôler une partie de l'appareil administratif, des secteurs économiques ou des ressources nationales pour son propre bénéfice. Cette criminalité organisée de haut niveau, en costume-cravate, opère en toute impunité. Elle sape méthodiquement les fondements de l'État de droit, transformant les institutions en outils de prédation plutôt qu'en serviteurs du bien commun.

Les conséquences pour les citoyens

Pour la population, les conséquences sont tangibles : services publics en déliquescence, justice à deux vitesses, économie étouffée par la rente et la corruption. La légitimité même de l'autorité s'érode. Face à ce système verrouillé, l'impression grandit que le changement ne pourra advenir que par une rupture profonde, un "coup de pied dans la fourmilière". La question qui se pose n'est plus seulement celle de l'efficacité du gouvernement, mais celle de sa nature et de sa finalité. Un État qui fonctionne comme une organisation criminelle peut-il encore prétendre servir son peuple ?

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