Cameroun: La dette silencieuse du pays - Quand l'avenir de la jeunesse est signé par décret

2 Février 2026

Dans l'ombre des palais présidentiels, un avenir se signe et s'endette.

Le Cameroun vient d'autoriser, par décret, de nouveaux emprunts massifs dépassant 1 900 milliards de FCFA en quelques semaines. Officiellement, ces fonds doivent financer l'employabilité des jeunes, notamment dans l'Extrême-Nord. Mais derrière la promesse des programmes jeunesse se cache une réalité plus âpre : un pays qui engage ses générations futures sans débat public ni garanties de résultats.

Le paradoxe d'une dette croissance

L'argument officiel est connu : il faut investir. Le budget 2026 prévoit d'ailleurs un fonds de 50 milliards pour les jeunes et de coûteuses infrastructures. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, défend cette stratégie, arguant que le Cameroun reste l'un des pays les moins endettés d'Afrique et que les critiques veulent à la fois moins de dettes et plus de routes. Pourtant, le déficit prévu pour 2026 a plus que doublé. Cette fuite en avant interroge la gouvernance économique du pays. Chaque franc emprunté sans création de richesse réelle, alerte un expert, est "une chaîne supplémentaire aux pieds des générations futures".

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L'absence qui alourdit la facture

Le véritable malaise réside moins dans le montant que dans la méthode. Ces engagements financiers colossaux sont actés par décret, dans un climat de faible débat parlementaire et en l'absence de parole présidentielle directe sur le sujet. Cette opacité nourrit un profond déficit de confiance. La question centrale n'est pas de savoir s'il faut former la jeunesse, mais comment et à quel prix. Sans transparence sur les taux d'intérêt, les mécanismes de contrôle et les indicateurs de succès, la dette publique risque de ne laisser en héritage que des obligations à rembourser, bien loin des emplois promis.

Un pays peut-il se construire sur le silence et la signature solitaire de sa dette ?

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