Afrique: Arnaque à l'emploi au Nigeria - La diaspora congolaise brise l'omerta !

Un dîner d'échanges à forte portée citoyenne s'est tenu samedi 31 janvier 2026, à la résidence du Révérend Crispin Mutuaya. Autour de la table, les membres du bureau d'études Appui Consultation et Développement SARL (ACD.be) et Mme Arlette Idris, Présidente de la communauté congolaise vivant au Nigeria, basée à Abuja. Thème des échanges : « potentialités congolaises face à l'arnaque des Congolais par des réseaux mafieux en Afrique de l'Ouest ». Parmi les participants, l'on a noté la présence de Théophile Lunkamba, Directeur technique de ACD, ainsi que d'autres acteurs engagés dans la réflexion et la mobilisation communautaire.

Au coeur de la rencontre, un témoignage glaçant. Mme Arlette Idris a tiré la sonnette d'alarme sur l'existence d'un réseau de malfaiteurs qui cible la population congolaise à travers de fausses offres d'emploi publiées sur les plateformes numériques.

La méthode est rodée : des annonces promettant des postes dans des entreprises nigérianes, avec des salaires annoncés à 2.500 dollars américains ou plus. De quoi séduire, surtout dans un contexte où beaucoup de jeunes cherchent une issue, une opportunité, un déclic de vie.

Du rêve au calvaire

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Séduites par ces promesses, plusieurs victimes s'engagent dans un périple dangereux : elles traversent clandestinement le Congo-Brazzaville, puis le Cameroun, avant d'atteindre le Nigeria. Et c'est précisément là, a insisté Mme Idris, que le calvaire commence.

Sur place, les victimes se retrouvent dans un environnement qu'elles ne maîtrisent pas : terre inconnue, absence de repères, barrière linguistique, isolement total. Des conditions idéales pour les réseaux mafieux qui opèrent ensuite avec brutalité.

Séquestration, exploitation et humiliation

Le récit devient plus dur : selon la Présidente de la communauté congolaise vivant au Nigeria, certaines victimes sont séquestrées, puis forcées à des activités dégradantes.

- Les femmes sont contraintes à devenir des escort girls.

- Les hommes, eux, sont exploités abusivement dans des travaux pénibles, pour une rémunération dérisoire, quand ce n'est pas tout simplement rien.

Un drame humain qui ne dit pas toujours son nom, parce qu'il avance masqué, sous le vernis d'une simple opportunité professionnelle. Mme Idris a néanmoins évoqué une lueur : quelques personnes ont été sauvées à ce jour, et la plupart ont été rapatriées en RDC.

Dans un appel clair à la mobilisation collective, elle a martelé : « Ceci est une sensibilisation pour éviter que nous et nos proches tombions dans ces magouilles. Ainsi, nous sommes tous appelés à faire large diffusion. »

Ayant suivi ce témoignage avec une attention particulière, le Révérend Crispin Mutuaya a salué le courage de Mme Idris, l'encourageant à poursuivre le combat contre ces trafiquants.

Dans l'esprit de cette rencontre, l'enjeu dépasse la dénonciation : il s'agit aussi de se soutenir, de s'organiser et de bâtir des réponses. « C'est une opportunité que nous venons d'exploiter pour nous soutenir mutuellement pour relever notre pays », a-t-il souligné.

À l'issue de ces échanges, plusieurs résolutions ont été arrêtées pour prévenir, informer et couper l'herbe sous le pied aux réseaux d'escroquerie et de traite :

1. Organiser des campagnes de sensibilisation dans les écoles, en ciblant notamment les élèves en terminale ;

2. Etendre la sensibilisation aux universités, où l'on retrouve une forte concentration de jeunes en quête d'avenir ;

3. Atteindre les familles à travers des témoignages de victimes recensées par les communautés de Lagos et Abuja ;

4. Vulgariser le message de lutte contre l'escroquerie visant les jeunes Congolais ;

5. Utiliser une variété de supports : réseaux sociaux, relais via ONG internationales, radios communautaires, et autres canaux de proximité.

Ce dossier met en lumière une réalité brutale. L'escroquerie moderne ne frappe plus seulement par de petits stratagèmes, elle peut désormais conduire à la séquestration, à la traite et à la destruction de vies. Face à cela, la réponse la plus immédiate reste la vigilance, l'information et la solidarité active.

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