Le financement des petites et moyennes entreprises (Pme) vertes franchit un nouveau palier en Afrique de l'Ouest. Le Consortium Entraide universitaire mondiale du Canada (Eumc) / Centre d'étude et de coopération internationale (Ceci) et la Fondation Sephis ont conclu, le 30 janvier 2026, à Abidjan-Cocody, un partenariat stratégique visant à renforcer l'accès au financement climatique pour les entrepreneurs locaux, en particulier les femmes.
Au coeur de cet accord figure la gestion d'une bourse d'affaires (Challenge Grant) d'un montant de 1,3 million de dollars canadiens, soit environ 526,5 millions de Fcfa, confiée à la Fondation Sephis. Ce mécanisme s'inscrit dans le projet régional « Solutions fondées sur la nature dans les forêts guinéennes », financé par Affaires mondiales Canada et déployé en Côte d'Ivoire, au Ghana et en Guinée.
Pensée comme un outil d'investissement à impact, la bourse d'affaires vise à soutenir des Pme développant des modèles économiques intégrant la préservation de la biodiversité et l'adaptation au changement climatique. L'enjeu est double : accroître la productivité et la viabilité financière des entreprises locales, tout en consolidant la résilience des écosystèmes forestiers, essentiels aux économies rurales.
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Concrètement, le dispositif combine des subventions en équipements, des apports de liquidités pour soulager la trésorerie, un accompagnement technique et du coaching entrepreneurial. Il prévoit également la mise en relation des entreprises bénéficiaires avec les marchés et les institutions financières, dans une logique de montée en gamme et de bancarisation progressive des activités.
Une attention particulière est accordée aux Pme dirigées par des femmes, souvent confrontées à des barrières structurelles dans l'accès au financement. « Ce mécanisme est conçu comme un accélérateur économique, et non comme une simple ligne budgétaire », a souligné la directrice pays de l'Eumc Côte d'Ivoire, Sarah Lajoie Flyng, insistant sur son potentiel de transformation des chaînes de valeur locales.
Pour la présidente de la Fondation Sephis, Séphora Kodjo, l'impact économique du programme repose sur des investissements ciblés et tangibles. « Un équipement peut améliorer la qualité, la capacité et la quantité de production », a-t-elle rappelé, soulignant l'effet direct de ces financements sur la compétitivité des Pme.
Doté d'un budget global de 25 millions de dollars canadiens (environ 10,1 milliards de Fcfa) sur quatre ans, le projet régional ambitionne de démontrer que la croissance économique locale et l'action climatique peuvent converger, en faisant des Pme vertes des actrices clés du développement durable en Afrique de l'Ouest.
