Dans les coulisses opaques de la rente pétrolière camerounaise, une figure suscite interrogations et commentaires. Nathalie Moudiki, épouse du président de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), Adolphe Moudiki, est présentée par plusieurs sources comme la véritable cheffe d'orchestre informelle de cette institution stratégique. Cette situation met en lumière les zones d'ombre d'une gouvernance des hydrocarbures où le pouvoir semble s'exercer loin de tout contrôle formel.
Une succession de fait à la tête d'un géant stratégique
Adolphe Moudiki, magistrat de formation et ami de longue date du président Paul Biya, dirige la SNH depuis de nombreuses années. Âgé de 87 ans et selon les informations disponibles en proie à des problèmes de santé, il serait aujourd'hui largement éloigné des opérations quotidiennes. C'est dans ce contexte que son épouse, Nathalie Moudiki, aurait progressivement pris les rênes de la société, exerçant une influence informelle décisive sans détenir de titre officiel.
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Sa proximité affichée avec la première dame, Chantal Biya, et sa réconciliation avec le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, lui auraient consolidé sa position au sein d'un réseau de pouvoir complexe.
L'opacité, règle intangible de la gestion pétrolière
Cette configuration interroge profondément les mécanismes de redevabilité dans la gestion de la principale ressource économique du pays. La SNH est chargée de commercialiser le pétrole produit au Cameroun.
Pourtant, comme le soulèvent des observateurs, les revenus exacts de ces ventes demeurent un mystère, alimentant une inquiétante opacité financière. Il est rapporté que les fonds issus de l'or noir camerounais sont directement versés sur des comptes offshore dont seul le chef de l'État aurait une connaissance discrétionnaire. Ce système place la gestion de cette manne hors de tout audit public ou parlementaire.
Les risques d'un pouvoir sans contre-pouvoir
L'affaire Moudiki dépasse la simple anecdote pour révéler un modèle de gouvernance. Elle illustre comment le contrôle d'une ressource vitale peut être accaparé par un cercle très restreint, agissant sans mandat clair et sans obligation de rendre des comptes à la nation.
Cette concentration extrême et cette absence de transparence nourrissent un climat de défiance et privent le pays d'une ressource cruciale pour son développement. Alors que de nombreux citoyens demandent plus de clarté sur l'utilisation des richesses nationales, jusqu'où peut aller la dissociation entre le titre officiel et le pouvoir réel dans la gestion des biens publics ?