Depuis deux jours, le projet de protocole de sortie de crise proposé par le Collectif SOS Éducation « La Base » alimente le débat public.
En tant que députée, mais aussi comme citoyenne profondément attachée à l'avenir de notre école, je considère qu'il est de mon devoir d'apporter une analyse responsable, loin des postures passionnelles.
Je veux le dire sans détour : ce texte n'est ni léger ni improvisé. Il est structuré, politiquement assumé et porté par une souffrance sociale réelle. Il mérite donc d'être pris au sérieux. Toutefois, il ne s'agit pas encore d'un accord, mais d'un projet, et cette distinction est fondamentale.
L'une des grandes forces de ce document réside dans sa volonté d'équité entre les différentes catégories d'enseignants, ainsi que dans l'effort de planification des recrutements et des mises en solde. Ces propositions répondent à des injustices bien connues. Mais l'action publique ne fonctionne pas comme un interrupteur que l'on actionne à volonté. Elle obéit à des règles, à des procédures, et surtout à une contrainte incontournable : la loi de finances.
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Là où le texte montre ses limites, c'est dans l'absence de hiérarchisation des priorités et de sécurisation budgétaire. Tout ne peut pas être traité simultanément, sans quoi le risque est grand de provoquer un blocage total. De même, l'absence d'un cadre juridique contraignant laisse la porte ouverte à des reports, des interprétations et, in fine, à de nouvelles frustrations.
Je souhaite m'adresser ici aux enseignants avec respect et franchise. Vos revendications sont légitimes, mais leur efficacité dépendra de votre capacité à exiger des actes juridiques clairs, des engagements écrits et un mécanisme de suivi, tout en acceptant que l'administration ne fonctionne ni dans l'instantané ni dans l'improvisation.
Au Gouvernement, je dis ceci : la crédibilité de l'État se joue dans sa capacité à formaliser ses engagements, à sécuriser leur financement et à communiquer avec transparence.
L'éducation n'est pas une charge. C'est un investissement stratégique. Sortir de cette crise exige du courage politique, de la rigueur juridique et un sens élevé des responsabilités partagées.