Ile Maurice: Le pays apparaît dans des échanges sur des séjours et des structures financières

La déclassification progressive des Epstein Files par le Département de la justice des États-Unis continue de révéler l'ampleur du matériau saisi dans le cadre de l'enquête fédérale visant Jeffrey Epstein, financier américain accusé d'avoir mis en place un réseau international d'exploitation sexuelle de mineures.

Dans cet ensemble, Maurice est mentionnée de manière répétée, notamment dans des échanges datés entre 2010 et 2011, puis, plus ponctuellement en 2018. Plusieurs courriels évoquent explicitement des séjours sur l'île, présentés comme des vacances familiales ou des déplacements privés.

Arrêté en juillet 2019, Jeffrey Epstein est décédé en détention un mois plus tard, avant son procès, dans des circonstances officiellement qualifiées de suicide. À ce jour, plus de 3,5 millions de pages ont été rendues publiques, tandis qu'environ six millions demeurent encore classifiées.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Les messages versés au dossier s'échelonnent sur plusieurs années, et permettent de retracer des interactions sociales, logistiques et financières avec des interlocuteurs issus de différents pays. Parmi les éléments les plus fréquemment exploités figurent des courriels personnels et professionnels, dont une partie transite par l'adresse , identifiée dans de nombreux échanges comme un compte utilisé directement par lui.

Un message daté d'avril 2010 mentionne un voyage à Maurice, tandis qu'un autre, envoyé en janvier de la même année, fait état d'un retour de séjour prolongé sur l'île à la suite de l'annulation d'un vol. D'autres échanges décrivent des vacances à Maurice autour du Nouvel an, avec des références à la plage, au snorkeling, à des séjours en famille et à la santé des bébés de l'interlocutrice en question.

Ces courriels, adressés ou reçus via , témoignent d'un usage courant de l'île comme destination de villégiature au sein du cercle relationnel de Jeffrey Epstein. En janvier 2011, un autre message mentionne un retour de «vacances à Maurice» avant la reprise de l'année scolaire, tandis qu'un courriel de novembre 2011 évoque des projets de fêtes de fin d'année incluant Maurice comme destination pour le Nouvel an.

Les références à Maurice ne se limitent toutefois pas aux voyages. Les fichiers contiennent également des coordonnées téléphoniques comportant l'indicatif +230, ainsi que des mentions de sociétés enregistrées à Maurice, principalement dans le secteur de la gestion de fonds et des services financiers.

Un échange de courriels porte notamment sur la présentation d'une entreprise opérant depuis Maurice, dont le co-fondateur est un nominé politique à la Mauritius Revenue Authority et actif dans l'administration de fonds, décrit comme gérant plus de USD 2,5 milliards d'actifs sur une période d'environ 30 mois. Ces éléments s'inscrivent dans une architecture financière internationale reposant sur des juridictions multiples, fréquemment évoquées dans les documents liés au réseau Epstein.

Un autre courriel, daté de mars 2018 et envoyé par Ariane de Rothschild, Chief Executive Officer d'Edmond de Rothschild Group, à Jeffrey Epstein via l'adresse, fait état d'un déplacement prévu à Maurice pour une durée d'une dizaine de jours.

Ces échanges illustrent la constante imbrication entre sphères personnelles et professionnelles dans les fichiers dans un contexte présenté comme familial et privé. Ce message intervient dans un échange portant par ailleurs sur des réunions de gouvernance, des audits et des questions stratégiques, illustrant la coexistence d'échanges personnels et professionnels dans la correspondance saisie.

Jean-Luc Brunel et une Miss mauricienne

Les Epstein Files contiennent également des références à des interactions sociales impliquant des figures périphériques du réseau. Un courriel attribué à Jean-Luc Brunel, ancien agent de mannequins français décédé en 2022 après avoir été mis en cause dans des affaires d'agressions sexuelles sur mineures, mentionne une ancienne Miss Mauritius participant à un concours international.

D'autres documents citent des personnalités mauriciennes issues de divers milieux, notamment politique, éducatif ou administratif, dans des contextes d'échanges professionnels ou institutionnels.

Nous avons tenté de contacter les personnes dont les noms apparaissent dans ces documents ainsi que les autorités mauriciennes afin de recueillir leurs réactions ou des éclaircissements. Aucune réponse ne nous est parvenue à l'heure où nous mettions sous presse.

Les autorités américaines rappellent par ailleurs que la présence d'un nom, d'un pays ou d'une entité dans les documents déclassifiés ne constitue ni une preuve d'implication ni une mise en cause pénale.

À ce stade, les références à Maurice observées dans les Epstein Files relèvent essentiellement de traces documentaires, révélant des séjours, des échanges de courriels, des contacts et des structures financières, sans qu'aucun lien direct ne soit établi avec les crimes reprochés à Jeffrey Epstein. L'analyse de ces documents reste en cours, à mesure que de nouvelles pages sont déclassifiées.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 80 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.