En vérité, tout porterait à le croire, au vu de l’attaque perpétrée dans la nuit du 28 au 29 Janvier 2026, à l’aéroport international Hamani Diori de Niamey, en pleine capitale du Niger. Une attaque, qui, selon les dernières informations, serait l’œuvre du groupe terroriste du Djihad Islamique, que le pays du Général Abderrahmane Tiani serait le point de vulnérabilité de la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Pour qui connait la position géographique de l’aéroport de Niamey, qui, faut-il le rappeler, a servi de base aux forces françaises de Barkane, lorsqu’elles ont été éconduites du Mali voisin, le ciblage sur ces lieux avec tout le dispositif sécuritaire et stratégique qui y est installé revêt un sens particulier du point de vue de la coordination des forces unifiées de l’AES, dont la base se trouve justement en ces lieux.
D’où la question qu’on peut logiquement se poser, à savoir : comment les assaillants, même repoussés, ont pu arriver jusqu’à Niamey à 150 Km de la frontière du Burkina et 200 à 250 km du Mali (via la route vers Tillabéry), les deux pays frontaliers par voie terrestre comme aérienne ? Dans les deux cas, il faut l’avouer, il y a de la part de l’armée nigérienne une grande vulnérabilité, même si par ailleurs, elle a le soutien des troupes russes de l’AfriKa Corps et celles de l’AES.
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Toutefois ce n’est pas une première, car le Mali a aussi connu une attaque meurtrière en plein Bamako à l’hôtel Radisson Blue, sauf qu’à l’époque l’AES n’était pas encore née. Ce qui s’est passé les 28 et 29 janvier charrie plusieurs enseignements et pas des moindres.
C’est d’abord la question des mille tonnes (1000 T) d’uranium qui dit-on, sont stockées dans la base militaire au sein de l’aéroport, dans un lieu hautement sécurisé. Cela donne une indication sur le mobile de cette attaque qui pour certains observateurs, est loin d’être un acte lié aux groupes terroristes, notamment l’état Islamique, tout au moins ne correspond pas à la signature de ce dernier.
D’ailleurs le chef de la junte, le Général Tiani, en pointant du doigt une main étrangère, semble confirmer ce point de vue, qui ne serait pas dénué de sens si on devait l’analyser à la lumière des relations extrêmement délétères, pour ne pas dire plus, entre le Niger et le Bénin, depuis la crise du pipeline de Sémé Kpoji, le port Béninois qui doit acheminer le pétrole nigérien, et la première accusation du pouvoir nigérien vis-à-vis du régime de Patrice Talon, d’abriter une base étrangère pour déstabiliser son pays.
Cependant, il faut admettre que l’affaire est loin d’être simple pour être réduite à un enjeu géopolitique du moment, même si jusqu’à présent aucune condamnation n’est venue de la CEDEAO. Il y a, il est vrai, les séquelles du départ du Niger de la CEDEAO, qui, il faut le souligner, a été sous la menace d’une intervention armée ; et à l’époque les plus « belliqueux » au sein de la CEDEAO (le Bénin et la Côte d’Ivoire et le Sénégal) étaient à la pointe de la mobilisation des troupes et du budget de l’opération. Le Niger n’a pas encore oublié cet épisode, qui a accru sa méfiance vis-à-vis de ces proches voisins vis-à-vis de qui il doit, entre autres, défendre les 1 267 000 km² que couvre son territoire.
Une attaque sur l’aéroport de Niamey, en augmentant le sentiment d’insécurité, ne serait-ce qu’une journée, s’apparente bien à la tentative des Djihadistes de couper la chaine logistique pour approvisionner le Mali en Carburant pour l’étouffer économiquement.
Le Niger doit aujourd’hui, après avoir repoussé l’assaut et tiré le bilan des combats, administrer la preuve que le dispositif de l’AES, côté nigérien, demeure efficace face à la poussée de menaces tous azimuts. Les prochaines semaines nous édifieront sur les développements de cette affaire qui peuvent être lourds d’incertitude pour l’AES.
