Dans le cadre de l'initiative « Route de La Mecque » (Tariq Makka), une délégation saoudienne de haut niveau a été reçue, avant-hier, par le ministre de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères.
La visite de travail d'une délégation saoudienne de haut niveau à Dakar marque un tournant décisif dans la coopération religieuse et diplomatique entre le Sénégal et le Royaume d'Arabie saoudite.Au coeur des échanges : l'opérationnalisation de l'initiative « Route de La Mecque » (Tariq Makka), un mécanisme appelé à transformer en profondeur l'expérience des pèlerins sénégalais dès l'édition 2026 du Hajj.
Présidant la rencontre, le ministre de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a salué une avancée qu'il qualifie de « stratégique et structurante » pour le Sénégal. Selon lui, l'adhésion à la « Route de La Mecque » consacre le statut particulier du Sénégal dans ses relations avec Riyad.
« Le Royaume d'Arabie saoudite n'est pas seulement un pays ami, c'est un allié historique, un pilier de la diplomatie sénégalaise depuis l'indépendance », a-t-il affirmé, mettant en avant une coopération bâtie sur la confiance et la constance.
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L'initiative permettra aux pèlerins sénégalais d'accomplir, dès leur départ de l'Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), l'ensemble des formalités administratives liées au Hajj. En pratique, les opérations d'enregistrement, de contrôle et d'immigration seront réalisées avant l'embarquement, réduisant considérablement les contraintes à l'arrivée.
« Ce mécanisme va faciliter le voyage des pèlerins, leur installation et l'exécution des rites dans des conditions optimales », a expliqué Cheikh Niang, soulignant un gain substantiel en temps, en confort et en sérénité.
Chef de la délégation saoudienne, le général de division Saleh Bin Saad Al Morbei a rappelé que la « Route de La Mecque » s'inscrit dans une vision globale visant à moderniser et humaniser l'organisation du pèlerinage.
« Cette initiative est un cadeau offert aux musulmans afin qu'ils accomplissent le Hajj avec plus de facilité et de dignité », a-t-il déclaré, insistant sur les résultats probants déjà enregistrés dans les pays où le dispositif est en vigueur.
Selon lui, l'expérience sénégalaise est appelée à devenir une référence. « Nous sommes très optimistes et convaincus que le Sénégal fera partie des expériences les plus réussies parmi les pays ayant adopté cette initiative », a-t-il indiqué, évoquant la qualité de la coordination institutionnelle et l'engagement manifeste des autorités sénégalaises.
Conscientes des enjeux, les autorités sénégalaises ont assuré que tous les services compétents sont pleinement mobilisés. Les ministères en charge des Transports, de la Sécurité, de l'Immigration et de l'Organisation du pèlerinage travaillent en étroite collaboration avec les équipes techniques saoudiennes, a fait savoir Cheikh Niang.
« Le Sénégal s'engage à assurer une mise en oeuvre exemplaire de la "Route de La Mecque" », a-t-il assuré, évoquant une coordination permanente et une volonté partagée de réussite.
Au-delà des aspects techniques, les deux parties ont mis en avant la dimension politique et symbolique de cette initiative. Elle témoigne, selon le ministre des Affaires étrangères, de « la reconnaissance du rôle du Sénégal dans le monde musulman et de la solidité des relations sénégalo-saoudiennes sur les grandes questions internationales ».
À terme, la « Route de La Mecque » devrait contribuer à réduire les difficultés traditionnellement rencontrées par les pèlerins, tout en renforçant la crédibilité du Sénégal dans la gestion des grands flux religieux.
Pour les autorités, il s'agit d'un pas décisif vers un Hajj plus organisé, plus sécurisé et plus respectueux de la dignité des fidèles, dans un contexte de réformes continues de l'écosystème du pèlerinage.