Sénégal: Réformes constitutionnelles - La société civile ne veut pas être prise de court

2 Février 2026

Des organisations de la société civile, engagées en faveur de l'application des conclusions des Assises nationales et des recommandations de la Commission nationale de réforme des institutions (Cnri), ont décidé de prendre les devants face aux réformes constitutionnelles annoncées par le président de la République dans son discours de fin d'année. Elles alertent également sur les dérives susceptibles de créer des frustrations.

Alors que les contours d'un débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle se dessinent, des acteurs de la société civile ont décidé d'anticiper. Ils tiennent à ce que les engagements pris par les candidats lors de la dernière présidentielle, notamment par le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, ne restent pas lettre morte.

Cette coalition de la société civile pour l'application des conclusions des Assises nationales, des recommandations de la Cnri et du Pacte national de bonne gouvernance démocratique veut également peser sur le contenu de la future réforme. À l'issue d'une rencontre, organisée le 31 janvier 2026, à Dakar, Mamadou Mignane Diouf, coordonnateur du Forum social, est revenu sur le bien-fondé de leur démarche.

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« Nous pensons que lorsqu'il y a des perspectives de réformes constitutionnelles, un espace civique et citoyen comme le nôtre, qui, bien avant les élections, avait déjà recommandé la nécessité de consolider les institutions et de renforcer la République, doit se préparer.

Nous nous sommes donc dit que, s'il devait y avoir une réforme constitutionnelle, il était important de nous retrouver en amont pour ne pas être pris de court », a-t-il déclaré. M. Diouf a rappelé que leur démarche poursuit un triple objectif : connaître le contenu de la réforme constitutionnelle, renforcer une synergie d'actions et réfléchir à la forme que prendra la réforme ainsi qu'à leur participation. « En tant qu'espace civique et citoyen, nous tenons à ce que les préoccupations soumises à la signature des candidats à la dernière présidentielle, y compris l'actuel chef de l'État, soient prises en compte », a-t-il expliqué.

Lignes rouges

Il est également question, pour les acteurs de la société civile, de savoir s'il s'agira d'une réforme par référendum ou par voie parlementaire. « Même si la stratégie officielle n'est pas encore connue, nous avons estimé nécessaire de commencer à nous organiser pour être prêts le moment venu et contribuer, de manière pertinente, au contenu de cette réforme, afin qu'elle renforce la démocratie, la paix et la stabilité », a souligné le coordonnateur du Forum social.

La rencontre de la coalition de la société civile pour l'application des conclusions des Assises nationales fait suite à l'annonce du président de la République, lors de son discours à la Nation du 31 décembre 2025, de soumettre à l'Assemblée nationale un projet de révision de la Constitution dont le contenu n'a pas été publié.

Pour Mamadou Ndoye, coordonnateur du Sursaut citoyen, le rendez-vous du samedi dernier a servi de cadre de réflexion sur les orientations à défendre, les lignes rouges à préserver ainsi que les stratégies de plaidoyer à mettre en œuvre pour que toute réforme constitutionnelle soit conforme aux principes fondamentaux de la démocratie participative.

En effet, beaucoup de candidats à l'élection présidentielle avaient signé le Pacte de bonne gouvernance et pris l'engagement de « traduire les principes, valeurs et objectifs dudit pacte en plan d'action à réaliser dans le courant de la première année de leur mandat en cas de victoire électorale à la présidentielle de février 2024 ».

Commissions d'experts

Le Sursaut citoyen a profité de la rencontre pour mettre en place trois commissions. Il s'agit, selon Mamadou Ndoye, d'une Commission d'analyse du contexte, chargée d'étudier notamment les plans juridique et institutionnel, les raisons pouvant justifier une réforme. M. Ndoye a proposé également une Commission chargée du dialogue et du suivi des propositions de réformes. Cette dernière travaillera à établir un lien avec les porteurs de ces propositions afin de voir dans quelle mesure les points soulevés sont pris en compte.

La Commission de mobilisation et de sensibilisation s'occupe de l'information, du plaidoyer et du partage des contenus aux niveaux local, territorial et national, ainsi qu'au sein de la diaspora. « Elle se chargera de l'information, du plaidoyer et du partage des contenus à l'échelle locale, territoriale, nationale et dans la diaspora.

L'objectif est d'assurer une démarche participative et inclusive, afin que personne ne soit laissé de côté et que la future Constitution soit véritablement portée par les citoyens », indique M. Ndoye. Ces trois commissions devraient proposer, dans les prochains jours, un document-cadre qui leur permettra d'agir de manière structurée.

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