À moins d'un an des élections municipales et départementales prévues en janvier 2027, aucun signal fort n'émane de l'administration électorale. Ni décret fixant la date du scrutin, ni annonce relative à une révision exceptionnelle des listes électorales n'ont à ce stade, été rendus publics. Ce silence ravive de mauvais souvenirs et alimente les interrogations sur la capacité du nouveau régime à rompre avec les pratiques décriées des anciens pouvoirs.
La question se pose désormais. Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, est-il en train de reproduire les mêmes travers que ses prédécesseurs, Abdoulaye Wade et Macky Sall, dans l"organisation des élections municipales et départementales ? La question mérite d'être posée au regard du silence total de l'administration électorale sur la tenue des prochaines élections locales prévues en janvier 2027. En effet, à douze mois à peine d'un scrutin censé renouveler l'ensemble des conseils municipaux et départementaux, aucun acte préparatoire n'a, à ce jour, été posé par l'exécutif.
Or, la pratique institutionnelle veut que le chef de l'État donne le coup d'envoi du processus électoral par la signature des décrets portant fixation de la date des élections et l'organisation de la révision exceptionnelle des listes électorales. Ces actes constituent un préalable indispensable à la tenue du scrutin avant l'expiration du mandat des conseils municipaux et départementaux élus, le 23 janvier 2022 dernier. À ce jour, aucun de ces textes n'a été adopté, laissant planer une incertitude persistante sur le calendrier électoral.
Aujourd'hui, les signaux observés tendent à montrer que l'exécutif ne manifeste aucun empressement à enclencher la machine électorale. Aucun décret n'a été pris, ni pour fixer la date des élections, ni pour autoriser la révision exceptionnelle des listes électorales. Les concertations politiques sur le Code électoral, qui réunissaient traditionnellement les acteurs politiques autour du ministre de l'Intérieur, ne semblent pas davantage à l'ordre du jour.
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Pourtant, la révision exceptionnelle des listes électorales, prévue par les articles L.37 et R.28 du Code électoral, constitue une étape essentielle du processus. Elle permet notamment aux jeunes citoyens ayant atteint l'âge de dix-huit (18) ans à la date retenue par le chef de l'État dans son décret, ainsi qu'à tout autre citoyen remplissant les conditions requises sans avoir pu s'inscrire auparavant, de se faire enrôler auprès des commissions administratives compétentes.
Le précédent des dernières élections municipales et départementales du 23 janvier 2022, demeure dans toutes les mémoires. A l'époque, l'ancien président de la République, Macky Sall, avait procédé à quatre reports successifs depuis juin 2019, suscitant une exaspération croissante de l'opposition. Le décret fixant la date du scrutin n'avait été signé que le 10 mai 2021 pour une élection programmée le scrutin au dimanche 23 janvier 2022. Pire encore, le décret portant révision exceptionnelle des listes électorales n'avait été pris que le 26 juillet 2021, pour une période allant du 31 juillet au 8 septembre de la même année.
Ces délais jugés particulièrement courts, avaient été vivement dénoncés par plusieurs formations politiques de l'opposition d'alors, parmi lesquelles figurait l'actuel parti au pouvoir, Pastef. Cinq ans plus tard, l'histoire semble sur le point de se répéter, et de la plus triste des manières.
La situation actuelle apparait d'autant plus troublante que, les retards observés lors du précédent scrutin pouvaient, en partie s'expliquer par la tenue de concertations politiques ayant abouti à l'adoption de la loi n°2021-35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral. Une justification qui, pour l'heure, ne semble pas trouver d'équivalent dans le contexte actuel.